jeudi 30 avril 2015

Exposition à Paris Photo Los Angeles des lauréats 2013 de la Résidence BMW au musée Nicéphore Niépce : Mazaccio & Drowilal

Les photographes Mazaccio & Drowilal présenteront leur travail durant la troisième édition de Paris Photo Los Angeles du 1er au 3 mai 2015. C’est la première fois que BMW présente le fruit de sa Résidence photographique lors de Paris Photo Los Angeles au sein des Studios Paramount Pictures.

La série photographique « Wild Style » qui sera montrée lors de cette foire est le résultat des 3 mois de Résidence des artistes Mazaccio et Drowilal au sein du musée Nicéphore Niépce à Chalon-sur-Saône.
Elise Mazac, alias Mazaccio et Robert Drowilal pratiquent la photographie en duo, autant pour la prise de vue que pour la sélection des images. Avec leurs photographies teintées d’humour, ils vont au-delà de la description et mettent en place un nouveau mode d’écriture influencé par leurs expériences du collage, du photomontage et de la culture numérique.

Les figures et les objets collectés dans Wild Style, tee-shirt, mugs, ou objets usuels, forment un catalogue des formes de réification de la vie animale par l’image, au point que l’écart entre le réel et sa représentation tend à devenir imperceptible.

En plus de ces images, l’exposition présentera une nouvelle série réalisée par les artistes en 2014 en Californie : « Antepisode », une traduction française de « Prequel ». Ce projet est une enquête menée dans la Silicon Valley sur les racines des entreprises informatiques et numériques. L'accent est mis sur l'importance de l’environnement de ces entreprises où les lignes de codes, qui ont changé la face de notre monde, sont nées.

Mazaccio & Drowilal déclarent à propos de leur exposition durant Paris Photo Los Angeles : « Nous sommes ravis de prolonger la résidence BMW au musée Nicéphore Niépce en présentant notre travail aux amateurs d’art américains dans les prestigieux Studios Paramount, un lieu mythique, chargé d’histoire et de fiction. »

Christoph Wiesner, Directeur artistique de Paris Photo, souligne que « cette initiative vient depuis 4 ans soutenir la jeune photographie et s’ancre dans une volonté et une tradition qui sont chères à Paris Photo depuis de nombreuses années. La Résidence BMW offre tant au niveau de la création, de la visibilité que de sa diffusion une très belle opportunité chaque année renouvelée pour les jeunes talents. Artistes et photographes, les lauréats peuvent ainsi poursuivre leur exploration vers de nouveaux champs de réflexion. C’est avec plaisir que nous accueillons les travaux issus de la résidence de Mazaccio & Drowilal.

BMW soutient la photographie autour d’un partenariat culturel inédit et ambitieux avec le musée Nicéphore Niépce, sous la forme d’une résidence d’artiste. Initiée en 2011, la Résidence BMW est née du souhait commun du musée et de la marque de développer les pratiques photographiques contemporaines, de « l'envie partagée d'être emmené dans de nouveaux espaces de création », comme le commente François Cheval, conservateur en chef du musée Nicéphore-Niépce.

Ce mécénat permet à un jeune artiste photographe, choisi par des personnalités du monde de la photographie, après un appel à candidatures, de réaliser un projet au cours d’une résidence de trois mois. Sous la direction de François Cheval, conservateur en chef du musée Nicéphore Niépce et avec l’aide technique du laboratoire du musée, l’artiste a la possibilité d’explorer de nouveaux champs de réflexion. Outre une bourse de 6 000 euros et le financement de son hébergement à Chalon-sur-Saône, le lauréat voit son travail exposé aux Rencontres d’Arles, à Paris Photo, dans un livre coédité aux éditions Trocadéro et dans une vidéo réalisée par François Goizé.

Serge Naudin, président du directoire de BMW Group France, souligne la similitude des démarches des photographes et des designers « c’est avec la même liberté de création et la même recherche esthétique que nos designers et nos ingénieurs conçoivent nos voitures en inventant chaque jour celles de demain. BMW France se tourne donc naturellement vers la photographie pour permettre aux lauréats de la Résidence d’approfondir leur travail et de découvrir de nouvelles voies en toute liberté. BMW soutient ainsi la production, favorise l’émergence de talents et offre aux lauréats une visibilité exceptionnelle auprès des professionnels et du grand public passionnés par la photographie ».

Dans le cadre du partenariat avec Paris Photo qui dure depuis 12 ans, BMW fournira de nouveau cette année un service de navette VIP pour la foire. La foire sera ouverte du 1er au 3 mai, de 12h à 19h. Depuis plus d’une décennie maintenant, BMW est le partenaire des plus grandes foires et festivals internationaux, dont Paris Photo Paris, Les Rencontres d’Arles, La Frieze New York et Londres, Art Basel à Bâle, Hong Kong, ou Miami, le Gallery Weekend à Berlin ou encore TEFAF Maastricht.

mercredi 29 avril 2015

Nanamorphose se dévoile à Pol'N ! du 15 au 20 juin 2015

Du 15 au 20 juin 2015, Pol’N, lieu de mutualisation et d’expérimentation nantais, ouvre ses portes à l’exposition multifacette "Nanamorphose", inédite à Nantes. Exposition d’une dizaine d’artistes aux pratiques multiples, Nanamorphose se prête au jeu des interprétations et propose un visage multifacette de la femme.

À partir des travaux des différents artistes*, hommes et femmes, se dresse un portrait multiple, codifié, caricatural, symbolique ou poétique. Les oeuvres graphiques, photographiques, textuelles, les objets, collages et installations plastiques mélangent stéréotypes, poids des conventions, fantasmes, symboles et représentations.

Un questionnement sur les nouveaux codes de la femme de ce XXIème siècle : La Nanamorphose.

Cette proposition artistique est également une invitation à la collaboration avec le lieu d’accueil. Certains membres de Pol’N, la Compagnie O, le collectif Kraken, le comédien Antoine Orhon et Marion Parpirolles répondent à l'appel pour offrir leur pratique ou leur vision, lors des performances de la soirée de dévernissage-performatif. Quelques invités surprises viendront compléter ce tableau, pour un temps double, trouble, festif et coloré, impétueux et sulfureux... à l’image de la femme que l’on est toutes et tous !

Infos pratiques :

• Du 15 au 20 juin, ouverture de l’exposition au public de 13h30 à 18h30 (lun, merc, jeu, vend, sam)
(sauf mardi 16/06 de 15h00 à 18h30)

• Vendredi 19 juin : 20h - 00h30, Soirée dévernissage-performance « Révélez la femme qui est en vous »

*Artistes présentés : Elodie Ancelin, Franck Bouetard, Lydia Carmona, Cécily, Anne-Sophie Criaud, Daniel Habasque, Fred Hubert, Babeth Le Gac, AnneClaire Macé, Katel Mercier, Zanzim. Avec la participation de la Compagnie O, Kraken, Antoine Orhon, Aurélie Mazzéo, Marion Parpirolles, Fabien Vehlmann.

mardi 28 avril 2015

Hommes et chevaux autour du champ de course

150 images de qualité exceptionnelle créées par une vingtaine des plus grands photo-reporters de France, d'Italie, d'Allemagne, de Grande Bretagne, du Japon, d'Irlande et des USA, tous spécialisés dans les courses de chevaux, seront exposées dans la Nef Ouest des Grandes Ecuries dès le vendredi 12 juin 2015.

Regroupés par thèmes, elles montreront l'atmosphère spéciale créée par les chevaux, leur entraineurs et propriétaires, avec les écuries, les galops, les courses, les jockeys, les récompenses et les chagrins - et le public, bien sûr.

Les photos seront complémentées par quelques objets - des toques et casaques de jockeys, une horloge et des appareils à mesurer le temps prêtés par Longines, qui avec la Fondation de Chantilly est le principal sponsor de l'exposition.

Le Musée du Cheval de Chantilly a contacté le National Horseracing Museum à Newmarket (GB), le International Horsemuseum à Lexington, Kentucky USA, et le Westphälisches Pferdemuseum à Munster en Allemagne. Ces institutions ont cooperé en suggerant les meilleurs photographes de leurs pays.

La scénographie a été dessinée par Ambito Cero (auteurs aussi du design du Musée du Cheval) et la production et le montage sont de Espai Visual (tous deux de Barcelone). Le commissaire de l'exposition est Benoît Junod.

L'accès à l'exposition sera gratuite pour tout personne disposant d'un billet pour la visite du Domaine de Chantilly.

jeudi 23 avril 2015

ENNA CHATON / NINA CHILDRESS / SYLVIE FANCHON / MIRKA LUGOSI SETE / CENTRE REGIONAL D’ART CONTEMPORAIN / 06 FEVR-31 MAI

Du 6 février au 31 mai 2015, le Centre régional d’art contemporain Languedoc-Roussillon présente trois monographies: Enna Chaton (FR), Sylvie Fanchon (FR) et Nina Childress (US). Et dans le Project Room, l’œuvre de Mïrka Lugosi (FR). Une exposition d’œuvres de femmes qui, au-delà de leur singularité, font du corps l’objet de leur art.

L’art d’Enna Chaton traite de la question du nu et du modèle à partir d’une pratique de la performance, et au moyen d’installations photographiques, souvent monumentales, qui se présentent comme des sortes d’«arrêts sur image» spatialisés.

Sylvie Fanchon évoque le corps en déclinant la couleur «chair» dans toutes ses nuances. Elle déploie dans la grande salle du Crac une série de peintures monochromes récentes de différents formats sur une longueur de 22 mètres, ainsi qu’une grande peinture murale in situ intitulée Scotch.

Inspirée par la culture populaire et le cinéma des années 1960-1970, la peinture de Nina Childress est entièrement consacrée à la figure humaine, au nu et à la théâtralisation du corps. Elle est charpentée par un ensemble d’antagonismes : le beau et le laid, l'autorisé et le dissident, le convenable et le déclassé, l'harmonieux et le dissonant. La série «Magenta» est composée d’œuvres récentes, de 2011 à 2014.

Dans le Project Room, Mïrka Lugosi présente un ensemble de dessins et de photographies qui composent une imagerie d’apparence naïve, mais empreinte d’un érotisme subtil et impertinent où s’entrecroisent nos rêves, nos pulsions et nos fantaisies.

Centre régional d’art contemporain Languedoc-Roussillon
26, quai Aspirant Herber. 34200 Sète
http://crac.languedocroussillon.fr
Tous les jours (sauf mardi) : 12h30-19h • Week-end : 14h-19h.
Entrée gratuite.

mercredi 22 avril 2015

Exposition 'Carnet de Guerre de Rob Roy 1939 à 1944' à la Mairie du 14éme à Paris, du 20 avril au 10 mai

Du 20 avril au 10 mai 2015, à l'occasion de la commémoration de la libération de Paris, la Mairie du 14ème arrondissement et l’association des Amis de Rob Roy présentent l’exposition "Carnet de guerre de Rob Roy 1939-1944". Une exposition organisée conjointement à l'exposition "Paris Aout 44-Juin 1945", conçue par le Musée du général Leclerc et de la Libération de Paris, ainsi que par le Musée Jean Moulin (Paris Musées).

Robert de la Riviere (1909-1992) dit Rob Roy peintre aquarelliste, très connu dans le domaine de l’automobile, a retracé la grande épopée des courses entre les deux guerres.

Ces derniers mois, un travail de ses enfants et petits enfants a permis de sortir des "cartons’" ses carnets de guerre composés de textes, aquarelles et dessins. Et au delà de la dimension affective de la transmission de l’héritage de leur aïeul, c’est le témoignage d’un simple soldat qui appartient à tout le monde. Et toute une famille s’est retrouvée autour de ce travail de transmission et de contribution à l’enrichissement de la connaissance de cette période.

Rob Roy y raconte sa vie au quotidien depuis sa mobilisation en 1939, les combats en mai et juin 1940 dans les régions de Reims, Vouziers, et Vitry le François, sa capture par les Allemands à St Didier prés de Saulieu la captivité en Autriche dans le stalag XVIIB, la période de l’occupation à Chatou dans la région parisienne, où sa famille réside, jusqu’à la libération de Paris en août 1944.

A travers cette exposition, Rob Roy, raconte décrit et dessine cette guerre comme une grande aventure qui dépasse l’homme. L’homme que l’on retrouve dans chaque illustration, dans les moindres détails.

Ce travail de mémoire, d’une grande précision, décrit, sans porter de jugement, des situations sincères, colorées, précises et vivantes, et possède une vertu pédagogique auprès des jeunes générations tout en développant les valeurs fondamentales de notre société et s’inscrit totalement dans les missions du comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté.

Pendant toute la durée de l’exposition, des visites et des conférences seront organisées.

Cette Exposition retrace de manière chronologique, cette période et se compose de 25 agrandissements (65 x 35) d’aquarelles et dessins de Rob Roy, ainsi que de 10 tableaux (42 x 52) de documents d’époque.

"Carnet de guerre de Rob Roy 1939-1944’’
Exposition du 20 avril au 10 mai 2015
Annexe mairie
12 rue Pierre Castagnou 75014 Paris
Tous les jours sauf dimanche de 13 à 19h.

L’exposition (images, textes et commentaires audio) est accessible gratuitement au sein de l’application GuidiGO pour smartphones, et tablettes que les scolaires et autres visiteurs peuvent utiliser lors de leur visite. GuidiGO est téléchargeable sur l'App Store et sur l'Android Market. Cette application propose aussi un questionnaire qui sous forme de jeu permettra de comprendre encore mieux toute cette période de notre histoire.

"Carnet de guerre de Rob Roy 1939-1944" est présenté conjointement, à l’exposition "Paris Aout 44-Juin 1945" Conçue par le Musée du général Leclerc et de la Libération de Paris, ainsi que par le Musée Jean Moulin (Paris Musées), et réalisée par la Mairie du 14ème, qui donne à revivre les combats pour la libération de Paris à l’été 1944 grâce à un parcours unique de photos, journaux, affiches et tracts originaux issues de cette époque marquante de l’Histoire parisienne.

Plus d'informations : www.art-robroy.com

Lyonel Kouro - Kouro. L'homme des Tas, des Faell et de la Patamod et...

Artiste plasticien et réalisateur, Lyonel Kouro mène depuis les années 1970 une recherche sur la matière, principalement la pâte à modeler, qu'il sculpte et anime.

Dans les années 1980, il se rapproche de l'Art Brut avec ses créations de personnages intemporels réalisés essentiellement en pâte à modeler, peints, sculptés et filmés en stop motion (on peut notamment citer la sculpture monumentale Les fils d'Aplomb installée dans le 18° arrondissement de Paris ou encore le Kamasutra en pâte à modeler sur Canal +).

Parallèlement à cette recherche sur la matière, il oriente son travail depuis quelques années vers une direction plus virtuelle. C'est le cas notamment pour ses F.A.E.L.L (Formes Aléatoires en Légère Lévitation) — un concept qui lui sert à explorer les possibilités de la matière et de la forme — qui ne prennent plus seulement la forme de sculptures mais se matérialisent également sous forme d'images de synthèse. Ces dernières figurent un monde complexe composés de différentes zones imaginées par l'artiste, créant ainsi une véritable cosmogonie.

Dans La leçon du Professeur Kouro (série mensuelle de Court-Circuit, le magazine dédié au court métrage sur Arte), ce réalisateur touche-à-tout divulgue les techniques d'animation qu'il expérimente dans son travail : pâte à modeler, sable, papier découpé, animation d'objets.

Avec sa série des Tas, sculptures photographiques d'accumulations d'objets rencontrées au hasard, une période «ready made augmenté apparaît». Mais Lyonel Kouro ne s'arrête pas là, il travaille aussi sur des Mandala en sable, des recherches sonores et peint aussi à l'huile sur toile.

Lyonel Kouro
Kouro. L'homme des Tas, des Faell et de la Patamod et...
17 avril-01 mai 2015
Nice. Villa Cameline. Maison abandonnée

mardi 21 avril 2015

Archizoom, John Armleder - Hôtel Dunkerque

L'exposition «Hôtel Dunkerque» met en scène un hall d'hôtel imaginaire, afin de rendre accessible au public un large éventail de la collection du Frac Nord-Pas de Calais, laquelle comprend des œuvres d'art et de design datant du XXe siècle à nos jours.

Rompant résolument avec le concept traditionnel de l'exposition, «Hôtel Dunkerque» adopte une forme particulière. La commissaire Klara Wallner transforme le rez-de-chaussée du Frac/AP2 en un hall d'hôtel, en confrontant les œuvres de designers et d'artistes entrées au cours des trente dernières années dans les collections du Frac Nord-Pas de Calais. Ici, art et design dialoguent sur le mode de la conversation amoureuse : les photographies de Marcel Mariën, où le corps féminin devient un socle pour toutes sortes d'objets, résonnent ainsi avec les vases d'Hella Jongerius ou les carafes du duo Garouste & Bonetti.

Mais l'art et le design ne dédaignent pas non plus échanger leurs rôles à l'occasion, insinuant une délicieuse confusion des formes et des fonctions. Telle étagère de l'artiste Carol Bove, supportant des objets décoratifs, est avant tout une œuvre d'art. Quant à la commode du designer Tejo Remy, accumulation anarchique de tiroirs solidairement maintenus par une sangle d'apparence fragile, elle relèverait au premier abord de la sculpture…
Invité spécial d'«Hôtel Dunkerque», le designer Jan Kath conçoit de somptueux tapis aux allures de peintures abstraites, de tableaux dans lesquels le visiteur peut cheminer à loisir.

«Hôtel Dunkerque» témoigne d'un changement de paradigme intervenu au cours des années 1990, et plus encore au fil de la décennie suivante. Cette période vit en effet émerger une génération d'artistes qui ont multiplié les points de friction entre art et design. Le Suisse John M. Armleder développe alors la série des Furniture Sculptures, qui réemploient de vieux meubles sur le mode du ready-made. En créant des installations praticables, utilisables par le visiteur, le duo Lang/Baumann — dont la cafétéria accueille les visiteurs du Frac Nord-Pas de Calais — a également établi des points de tangence entre les deux disciplines. À l'inverse, des designers comme Ronan et Erwan Bouroullec, Marc Newson ou encore Konstantin Grcic, exposent aujourd'hui régulièrement dans des galeries ou musées d'art contemporain. Désormais, les modes de production, l'attribution d'une fonction, les formes mêmes, bien souvent, ne permettent plus d'affirmer avec précision ce qui relève d'un domaine ou de l'autre.

«Hôtel Dunkerque» se veut ainsi une zone de perméabilité et de connivence entre art et design, qui nous renvoie de fait à une histoire bien plus ancienne courant de l'Arts & Crafts à l'Art nouveau, en passant par le Bauhaus et le De Stijl.
S'inscrivant dans cette lignée interdisciplinaire, l'exposition nous invite à réfléchir sur les échanges féconds entre l'art et les arts décoratifs, qui ont traversé et nourri l'histoire du modernisme au XXe siècle.

Archizoom, John Armleder
Hôtel Dunkerque
25 avril-25 oct. 2015
Dunkerque. Frac Nord-Pas-de-Calais

Donna Huanca - Water Scars

A travers sa manipulation du vêtement et de la peau, Donna Huanca utilise l'énergie des objets pour mettre en évidence la tactilité hypertrophiée, fétichiste, des processus culturels, activant par là une mémoire subconsciente et pré-linguistique.

Le vêtement, inséré dans les rituels qui définissent l'intimité du quotidien et les pratiques sociales du corps, est un véhicule de transmission culturelle, un outil de subjectivation, mais aussi une interface imprégnée d'anxiété. Comme mode d'assimilation et d'appropriation, il apparaît ici à la fois comme processus de construction de l'identité et comme dénaturation. Dans ses installations performances, le maquillage affecte la personne d'un coefficient instrumental dans lequel la cérémonie de la mise en scène de soi ne vise plus à s'inscrire dans un rapport d'altérité, mais de dissimulation, de fusion, de camouflage — fournissant les prémices d'une narration poétique et fantasmatique, sur l'étoilement de l'identité.

Cette attention portée à la dimension spirituelle de l'enveloppe interroge le discours contemporain du corps, l'espace-temps de la métamorphose hésitant entre renaissance et dépersonnalisation. De manière toujours ambivalente, non rhétorique, Donna Huanca montre comment le corps est sculpté par son environnement, déterminé par un processus d'absorption mimétique, conduit vers des modes de dissolution que l'artiste fait entrer en résonance avec des méthodes de dépersonnalisation psychotropiques et une forme de schizophrénie libératrice.

Les installations à grande échelle de l'artiste combinent des matériaux tactiles, vêtements, chaussures, tissus, ou objets de récupération, qu'elle déconstruit, et fige dans la peinture. Recombinés avec des matériaux plastiques, latex, ou superposés en couches sur des châssis, les objets usagés ou portés donnent naissance à de nouveaux artefacts. Reliés dans l'espace par un réseau de correspondances, sémantiques et plastiques, les éléments statiques sont activés lors des performances au cours desquelles des modèles vivants, camouflés, cristallisés dans l'installation entrent en interaction avec les œuvres.

Le corps reste toujours l'agent central dans la succession de tableaux vivants qui se succèdent. Les attitudes extatiques ou impavides des modèles les font sans cesse évoluer du recueillement, du retrait, vers une vulnérabilité due à l'éclatement de cette barrière protectrice, du fait de leur surexposition. Ainsi, camouflage et maquillage, travestissement et enfouissement opèrent un jeu constant de brouillage entre prédation et séduction, volupté et cruauté.

Entre contrôle et spontanéité, sacralisés et élevés sur des podiums ou exposés sous des vitres, recomposés en totem, les corps et les objets s'insèrent dans un système allégorique qui met en parallèle les rituels du «self care» et de l'hédonisme contemporain avec les modes archaïques et primitifs de socialisation. L'émergence de l'identité à travers une succession d'artifices, de mises en scène, de masques la soustrait à l'emprise du rituel, mais pour la livrer aussitôt à une multiplicité, anxiogène, de regards.

Clara Guislain

Donna Huanca
Water Scars
18 avril-16 mai 2015
Paris 3e. Galerie Valentin

Nicolas Milhé - L'Aménagement du pessimisme

De toute évidence, Nicolas Milhé négocie en permanence la position d'un travail qu'il veille à maintenir entre deux points de tension, politique et esthétique. Il ne suffit pas d'en faire le simple constat mais de faire l'expérience du trajet aller-retour entre les deux pour comprendre en chemin de quoi il est question.

Nicolas Milhé manipule les codes de la politique avec en ligne de mire un effet esthétique qui joue par exemple à lustrer à l'excès les attributs d'une République dont il maquille les affiches de campagne, monte les valeurs en collier ou sur les toits, pour mieux en éclairer le sens premier.

Mais reprenons depuis la politique. La politique est relative aux affaires de l'Etat et à leur conduite, la politique c'est la société organisée, c'est un ensemble structuré, en vue de résultats, d'actions déterminées, c'est une architecture viable dont les éléments coordonnés sont interdépendants, c'est un corps organisé, un corps pourvu d'organes, un corps vivant, réglé et ordonné.

Ce sont ces organes qui habitent le corps de la République et par extension celui de la politique que Nicolas Milhé détache, sépare et interroge. Ces organes du pouvoir sont au cœur de la problématique soulevée et manipulée par le travail de l'artiste, car si les organes sont de manière générale des ressorts, des moyens, ils sont plus précisément, depuis leur origine commune en latin, organum, des «instruments».

Cette question de l'«instrument» tout comme celle de l'«instrumentalisation», qui en dérive, intervient à tous les niveaux du travail de l'artiste. «Certains organes ne sont que des produits, que des instruments créés par l'organisme; ainsi les os, les dents, les milieux de l'œil sont des instruments que l'individu conserve toute sa vie et qui ne se renouvellent plus» (Claude Bernard, Principes de médecine expérimentale, 1875).

Les os, les dents, les yeux, à l'image d'autres détails architecturaux emblématiques, voir problématiques, sont des symboles dont Nicolas Milhé questionne le renouvellement et qu'il «instrumentalise» au sens figuré comme au sens propre. Il les prélève donc à même l'organisme politique, pour les modifier, les remplacer, puis les replacer, seuls, grossis, réduits, à l'envers ou de biais dans un autre genre d'organisme, celui de l'art.

De manière générale, les «instruments» de travail, les «instruments» de mesure, les «instruments» de musique, sont des objets conçus pour servir de moyen d'expression et de ce fait, sont susceptibles de former notre esprit, c'est-à-dire de nous «instruire» (instrumentum, instruere, etc.). Mais «instruire», c'est aussi «instruire» dans le sens de l'instruction d'un procès où il s'agit de rechercher et de rassembler tous les éléments nécessaires afin qu'une affaire soit mise en état d'être jugée. Et l'affaire en question ici, dans le travail de Nicolas Milhé, concerne la viabilité de tout organisme qu'il soit politique, économique, esthétique, ou simplement vivant.

Laetitia Paviani

Nicolas Milhé
L'Aménagement du pessimisme
10 avril-06 juin 2015
Paris 20e. Galerie Samy Abraham

lundi 20 avril 2015

EXPOSITION "SUPER-NORMAUX" DU 5 MAI AU 7 JUILLET 2015 LES SUPERHÉROS TOMBENT LE MASQUE À LA GALERIE SAKURA DE BERCY VILLAGE

Omniprésents dans notre quotidien, les superhéros se téléportent à Paris pour nous en mettre plein la vue ! Après une exposition récemment consacrée au western, la galerie d’art Sakura a en effet choisi de mettre en lumière et pendant plus de deux mois 11 illustrateurs internationaux talentueux qui travaillent et revisitent ces figures imaginaires très populaires. Le point de départ de ce nouveau rendez-vous : la sortie du livre du créatif Grégoire Guillemin, alias Léon, “For Your Eyes Only: Secret Life of Heroes”, qui regroupe une centaine d’illustrations mettant en scène nos héros favoris dans leur vie quotidienne. Des scènes cocasses et décalées, dont 45 seront exposées et proposées à la vente lors de l’événement “Super-Normaux”. Les amateurs du genre et collectionneurs de pop art sont donc invités à enfiler leur masque, leur cape et leurs collants avant de venir faire un tour à Bercy Village !

Une mythologie plus que jamais d’actualité

D’ici à 2020, plus de 40 nouveaux films devraient être consacrés aux superhéros. Un engouement mondial qui a, depuis longtemps déjà, dépassé le cercle des fans de la première heure.
Il faut dire que le genre superhéroïque, créé dans les années 1950, a constamment évolué afin d’être toujours en accord avec son époque. Qu’il lutte contre le nazisme dans Captain America, contre les inégalités sociales dans la saga de comics de Dennis O’Neil et Adams Neal Green Arrow/Green Lantern ou qu’il devienne paranoïaque après le 11 septembre dans la trilogie Batman de Christopher Nolan, le superhéros s’est, à chaque fois, parfaitement inscrit dans son temps. Ces icônes sont d’ailleurs souvent porteuses d’un message politique.

C’est précisément ce qui fait le succès actuel du genre. Les films modernes de superhéros sont construits comme des fables morales, qui interpellent le spectateur. Ils lui font prendre conscience de problématiques éthiques à l’échelle mondiale. Ainsi, les X-Men peuvent être perçus comme une représentation de la question raciale dans les pays occidentaux. Ils se retrouvent en effet souvent discriminés par une société qui a peur d’eux et les rejette.

Et c’est sans doute ce qui a permis au genre de s’implanter durablement dans l’inconscient collectif, sans parler de l’attraction qu’exerce sur chacun d’entre nous la possession de superpouvoirs !

Avec les films Marvel, cette mythologique américaine prend un coup de jeune depuis une décennie. Aujourd’hui, le superhéros est tendance et triomphant. Autrefois beaucoup plus underground, il a acquis une vraie respectabilité et séduit désormais toutes les générations. Une icône de la pop culture inspirante pour de nombreux artistes, qui n’hésitent pas à contourner le mythe pour en révéler les failles. Le succès de leurs œuvres démontre ainsi que le style comics reste un art bien vivant, comme le prouve cette fois encore l’exposition “Super-Normaux”.

“Super-Normaux” : la nouvelle aventure de la galerie Sakura

Depuis sa création, la galerie Sakura met en valeur la pop culture sous toutes ses formes (le western, Goldorak…). Voulant rendre ce genre accessible au plus grand nombre, elle propose à la vente et à des prix très abordables les œuvres des artistes qu’elle expose. C’est à Bercy Village, sur plus de 600 m2, dans un lieu très passant et touristique, que sera ainsi mis en scène, à partir du 5 mai prochain, le travail d’artistes talentueux autour de la thématique des superhéros.

Plus de 120 illustrations seront exposées pour le plus grand plaisir des amateurs du genre, avec en guest star Grégoire “Léon” Guillemin. Il présentera en avant-première son tout dernier livre, For Your Eyes Only: Secret Life of Heroes, ainsi que 45 illustrations inédites.

À ses côtés, les visiteurs retrouveront le travail de 10 artistes internationaux qui ont fait de leur passion d’enfant le sujet principal de leurs créations. Affiches rétro sur les villes imaginaires et emblématiques qui peuplent les comics (Gotham, Metropolis…), Superman en version pixélisée ou encore Captain America déguisé en “Minions” (du film Moi, Moche et Méchant) : autant de détournements à découvrir dès le mois de mai à la galerie Sakura.

Toutes les œuvres exposées seront accessibles à la vente, à partir de 40 € pour un tirage encadré. Le soir du vernissage, le 5 mai 2015, les visiteurs pourront se faire dédicacer leur tirage par Grégoire Guillemin en personne : de quoi donner de bonnes idées cadeaux et déco !

Les 11 Fantastiques

- GRÉGOIRE “LÉON” GUILLEMIN : un “supercréatif”
Né à Eaubonne en 1967, Grégoire Guillemin, alias Léon, débute son travail sur les superhéros en 2011, en les réinterprétant sur papier découpé. Ses créations connaissent un véritable succès sur Internet et sont intégrées à un livre, The Book of Characters, qui sort en mars 2012. Il poursuit dans cette voie en proposant par la suite des superhéros interprétés à la façon des grands illustrateurs publicitaires des années 1930. Le succès est immédiat. En 2012, il commence la série de ses “Famous Capsules”, qui lient le jeu à l’œuvre graphique. Ce travail lui permet de se rapprocher d’un blogueur américain très influent, Thomas Olivri, qui l’intègre à son livre Geek-Art : une anthologie.
C’est en janvier 2013 qu’il démarre sa série “Secret Life of Heroes”. « Ma première volonté était de réaliser des pièces très graphiques, mêlant cernés épais et couleurs acidulées. J’avais également le souhait de me tourner vers l’érotisme. L’idée était de mettre en scène les superhéros dans des attitudes quotidiennes », explique-t-il.
Un travail qui l’amène aujourd’hui à collaborer avec des marques telles que Warner, Electronic Art, Undi... Exposant partout dans le monde et à l’occasion de la sortie de son livre For Your Eyes Only: The Secret Life of Heroes, la galerie Sakura lui offre aujourd’hui un nouveau territoire d’expression dans son espace de Paris Bercy.

- Ulaş Başoğlu est né à Bandirma en Turquie. Professeur de sciences à l’université, c’est aussi un cartooniste et dessinateur inspiré qui n’a jamais quitté son carnet de croquis. Régulièrement, il collabore avec des marques et participe à des concours. Sa récente réflexion artistique porte sur la rencontre improbable entre l’univers des superhéros et les clichés de l’ouest sauvage.

- Ideealizse a grandi au milieu des comics, de la fantasy et des jeux vidéo. Fascinée par la pop-culture, elle n’a jamais tiré un trait sur ses héros, mais a modifié le regard qu’elle porte sur eux en grandissant. Elle exprime cette nouvelle vision en utilisant le graphisme, l’illustration et la photographie. Elle les appréhende avec un brin de nostalgie et utilise pour cela l’art de la facette, également appelé “Low Poly”, une technique à base de polygones.

- Justin Vangenderen exprime à travers ses affiches sa personnalité et le monde qui l’entoure. Sa fascination pour les superhéros prend racine dans son enfance. Son œuvre est ainsi librement inspirée des mondes créés par Marvel ou DC Comics, ainsi que par de nombreux autres éditeurs de bandes dessinées.

- Pablo Cialoni est un artiste argentin né à Rosario en 1983. Après des études de design graphique, il travaille pour des agences de publicité et des studios de design. Aujourd’hui, il se consacre uniquement à la conception et à l’illustration, s’exprimant dans la création de tee-shirts, de skate-boards et de personnages de jeux vidéo.

- Peter Ware est un créatif anglais indépendant qui utilise un savant mélange d’illustration et de typographie pour combiner personnages célèbres et impression graphique. Films, musiques et bandes dessinées ont toujours joué un rôle central dans sa vie et fortement influencé son travail. En constante évolution, il puise son inspiration dans la culture populaire, dont les superhéros font partie.

- Kevin Lam explore au travers de son œuvre les différentes strates de la pop-culture. À seulement 22 ans, ce graphiste et illustrateur californien, diplômé de chimie, voue une surprenante admiration aux jouets de collection japonais. Ses sources d’inspiration sont d’ailleurs aussi éclectiques que ses créations.

- Lewis Forde conçoit des œuvres, et notamment des affiches, inspirées du style rétro et vintage, dans lesquelles il intègre une grande touche de modernité. Sa série “DC Logo Vintage” est un exemple parfait de ce travail. Fan des superhéros et de leur univers, il a créé ses propres personnages (et leurs ennemis) dans un style minimaliste qui souligne bien leurs principales caractéristiques.

- Richard Tran, graphiste/webdesigner, prend un malin plaisir à remettre en scène les héros de son enfance dans des situations insolites. Il mêle sans complexe des univers différents et anachroniques, en y injectant un souffle épique.

- Bunka, Toy designer, illustrateur, graphiste, artiste touche-à-tout, Yann le Nevé, alias Bunka, a su créer un univers complet autour des figurines qu'il fabrique, les Chaos Monkeys. Inspiré par les comics et les mangas et les auteurs de la scène indie américaine il se fait connaître pour son style singulier, à la fois graphique et coloré, tirant vers le tatouage et le cartoon, qui rassemble de nombreux admirateurs et lui vaut d'être exposé aux quatre coins du monde.

- Marcus Mok sera également présent lors de cette exposition avec ses œuvres autour des superhéros.

“Super Normaux” Du 5 mai au 7 juillet 2015


Galerie Sakura 50, cour Saint-Emilion – Bercy Village – 75012 Paris

bercy@galerie-sakura.com

Entrée libre et gratuite du mardi au vendredi de midi à 20 h.

Les samedis et dimanches de 11 h à 20 h.

Antoine Catala - Jardin synthétique à l'isolement

Antoine Catala vit et travaille à New York, où il fait partie d'une jeune génération d'artistes associés à Margaret Lee et à sa galerie d'un nouveau genre (à la fois artist run space, lieu de production et galerie commerciale), 47 Canal.

Qu'il s'agisse de ses vidéos-sculptures ou de ses raccourcis sémantiques, Antoine Catala joue avec le langage et les images. Il utilise les illusions par le biais des nouvelles technologies, d'hologrammes, et invente par exemple des images qui respirent. Renouant avec ce qui a fait la caractéristique du Mac Lyon, Antoine Catala est invité à présenter une exposition/œuvre destinée aux collections du musée. Pour cela, il dispose de 500 mètres carrés.

Ses œuvres mettent en relation toutes les images, les extensions, les mots de langage, les signes, les logos, les atmosphères. La télévision et internet sont parmi les sources d'inspiration du travail d'Antoine Catala, qui en reproduit les mécanismes en les détournant à des fins poétiques. Délibérément, l'artiste y trouve de nouvelles possibilités de lier le réel, l'image et le langage.

«Aujourd'hui, un mot, par le biais d'une recherche internet, permet de faire se manifester des millions d'images. Puis, par le truchement des imprimantes 3D, un mot permet d'accéder à des fichiers, qui à leur tour permettent d'imprimer des objets associés à ce mot. Ainsi, avec l'aide des machines, une nouvelle équivalence physique est établie : objet = image = mot.» (Antoine Catala)

Il souhaite utiliser le flux de ce qui est produit à l'instant même, de sorte que les œuvres soient toujours à jour. Cette volonté repose sur la conviction que nous n'avons plus affaire à une culture pop iconique mais à d'autres usages des images. Les images, celles auxquelles s'attache Antoine Catala, sont devenues subliminales, transitoires, en circulation permanente.

Antoine Catala poursuit son travail sur les signes visuels et transforme un étage entier du musée avec l'installation Jardin synthétique à l'isolement (2014-2015) produite et acquise par le Mac Lyon.
Le Jardin synthétique à l'isolement est une sorte d'îlot, composé de plantes artificielles, d'écrans, de roches, de signes et de sons, créé en collaboration avec des personnes qui travaillent avec des enfants non-verbaux et des non-verbaux eux-mêmes. Les signes de communication que certains de ces enfants utilisent y sont présentés en tant que sculptures, tandis que la voix numérique de la machine les énonce.
Cette œuvre illustre la joie de communiquer via une machine en parlant des problèmes de communication, mais aussi de la connexion au monde via ce langage spécifique.

Antoine Catala
Jardin synthétique à l'isolement
17 avril-12 juil. 2015
Lyon 6e. Musée d´art contemporain de Lyon

Yang Fudong - The Coloured Sky : New Women II

Yang Fudong présente une installation vidéo multi-écrans, The Coloured Sky: New Women II, ainsi que deux séries de photographies.

Dans la lignée de New Women, film en noir et blanc réalisé en 2013 dépeignant une image de la femme inspirée du cinéma chinois des années 1930, The Coloured Sky : New Women II s'éloigne de l'esthétique du premier opus en présentant une atmosphère colorée évoquant l'enfance. Cinq jeunes femmes en tenues de plage évoluent dans un décor de bord de mer intentionnellement factice, une sorte de mirage pour le spectateur. Tour à tour ingénues ou séductrices, elles nous invitent à découvrir leur jardin secret, entre rêve et réalité.

L'artiste a imaginé de nouvelles manières de faire progresser la narration en expérimentant, grâce à des panneaux translucides colorés, des possibilités formelles inédites dans son travail. A l'image des ses films antérieurs, l'œuvre est dépourvue de trame narrative et, telle une peinture abstraite, transmet avant tout une atmosphère, une sensation, un sentiment.

En complément des photographies liées à New Women II, on pourra découvrir au rez-de-chaussée de la galerie une série de photographies en noir et blanc intitulée The Light That I Feel, en relation à un film éponyme réalisé pendant l'été 2014 sur l'île de Sandhornoy en Norvège. Tourné avec des acteurs et danseurs locaux, The Light That I Feel a été présenté in situ sur huit écrans au sein d'une structure architecturale spécialement construite sur une plage de l'île. Inspiré de l'esthétique bergmanienne, ce projet a permis à Yang Fudong de diriger pour la première fois des acteurs européens et de tourner au cœur de magnifiques paysages scandinaves. Comme souvent dans ses films, les paysages jouent un rôle essentiel au même titre que les protagonistes,
l'artiste cherchant une manière de déployer une forme de narration en mettant en scène le vent ou les arbres.

Depuis la fin des années 1990, Yang Fudong a développé un corpus d'œuvres constitué de vidéos, films, installations vidéo et photographies. Parmi les plus remarquées, on peut citer An Estranged Paradise (1997-2002), son premier film, Seven Intellectuals in Bamboo Forest (2003-2007), un cycle de cinq films 35 mm en noir et blanc ou The Fifth Night, un film projeté sur huit écrans.

L'artiste favorise les projections multi-écrans, concevant des installations qui enveloppent le spectateur, faisant de lui le deuxième réalisateur. Le langage cinématographique de Yang Fudong est toujours empreint d'onirisme et de mystère. Ses personnages, délibérément silencieux et désincarnés, aux mouvements chorégraphiés, parviennent à chaque fois à attirer le spectateur dans une atmosphère d'une beauté plastique troublante.

Entre film et photographie, son travail joue également sur la suspension du temps et la confusion des époques, «on a le sentiment d'être hier, mais c'est en fait demain».

Yang Fudong est né à Pékin en 1971.
The Coloured Sky: New Women II a été conçue avec le soutien d'ACMI (Australian Centre for the Moving Image) et de l'Art Gallery d'Auckland Toi o Tamaki.

Yang Fudong
The Coloured Sky: New Women II
18 avril-30 mai 2015
Paris 3e. Galerie Marian Goodman

August Walla - Ecce Walla

Né le 22 juin 1936 à Klosterneuberg en Basse-Autriche, August Walla est fils unique et vit une relation fusionnelle avec sa mère qui l'élève comme s'il était une fille, espérant ainsi lui épargner d'être enrôlé dans l'armée. Il imagine longtemps qu'Hitler est son père, n'ayant pas connu le sien mort dans sa petite enfance. Incapable de s'accoutumer à l'école, il est placé dans une institution spécialisée. Souffre-douleur de ses camarades, il reste sans défenses, regrettant de ne pas être une fille. A seize ans, après avoir menacé de se suicider et de mettre le feu à sa maison il est interné pendant quatre ans dans un hôpital psychiatrique où on le diagnostique schizophrène.

A sa sortie, sa mère se dévoue entièrement à son service. Mais en 1970, August Walla est de nouveau admis en psychiatrie, à l'hôpital de Gugging près de Vienne. Seize ans plus tard, il devient l'un des pensionnaires de la Maison des artistes (Haus der Künstler) créée quelques années plus tôt par le docteur Navratil en marge de l'hôpital où il restera jusqu'à la fin de ses jours

August Walla est considéré depuis longtemps comme l'un des «classiques» de l'art brut. L'œuvre peint de cet Autrichien de génie est exposé et collectionné depuis près de 40 ans. Cette reconnaissance est d'abord due à son psychiatre, le visionnaire Dr. Navratil: il l'avait accueilli dans son Haus der Künstler, la communauté d'artistes établie au sein même de l'asile de Gugging, et lui avait consacré une importante monographie dès 1988. Car même si August Walla a semble-t-il toujours compensé sa réticence à la prise de parole — qu'il réservait à sa mère — par une créativité hors norme, son destin doit beaucoup à sa rencontre avec ses médecins, Leo Navratil puis Johann Feilacher.

A l'asile de Gugging, pour la première fois de sa vie, August Walla n'avait plus à se cacher des autres. Après une enfance marquée par le rejet, et durant laquelle sa mère le déguisait en petite fille par crainte qu'il ne soit enrôlé dans la Wehrmacht, après des va-et-vient incessants entre foyers et hôpitaux psychiatriques, il pouvait enfin être lui-même. Pour faciliter son acclimatation, sa mère fut même autorisée à vivre avec lui dans l'institution.

Et sa fièvre artistique de prendre une dimension nouvelle, puisqu'il pouvait désormais coloniser son environnement de ses mots et de ses symboles sans crainte de représailles. Il y était même encouragé.

On ne s'étonnera cependant guère qu'à son entrée à Gugging, l'œuvre picturale qu'il développa alors en parallèle fut plus facile à appréhender par le public: plus démonstrative, plus figurative, cette peinture peuplée de figures hiératiques et de symboles politiques antagonistes flattait l'idée que l'on se faisait alors de l'art brut.

Mais August Walla, avare de paroles, a toujours été un infatigable graphomane, un créateur de novlangues nourri des dictionnaires du Monde entier dont il aimait s'entourer. Il n'avait pas attendu cet internement pour «s'engager dans une expansion symbolique vertigineuse, illimitée» comme le soulignait Michel Thévoz dès 1986. Bien au contraire, le créateur polymorphe qu'il était commença dès la fin des années 50 à s'exprimer à travers la photographie, l'installation, le détournement d'objets, la dactylographie de manifestes, et ne cessa jamais de le faire. Au point que l'on peut penser que cet aspect-là de son œuvre en formait le noyau essentiel, car plus intime, donc moins inhibé, moins tributaire de la réception du public.

Comme Wölfli, August Walla a rempli des pages d'écriture et lorsque la feuille de papier s'est révélée trop étroite, il a recouvert les murs de sa chambre de dessins et d'inscriptions. Parfois il peignait même sur les arbres ou sur les routes, pour ensuite photographier ses messages avec une caméra repeinte en vert parce qu'il détestait le noir. August Walla inventait sans cesse des langages imaginaires inspiré par la lecture de dictionnaires de langues étrangères. Ecriture et dessin sont indissociables dans son œuvre, pétrie de symboles obsessionnels et qui se déroule comme un continuum, dont chaque partie serait inséparable de l'ensemble.

August Walla est né en 1936 à Klosterneuberg en Basse-Autriche. Il est mort en 2001.

August Walla
Ecce Walla
18 avril-23 mai 2015
Paris 3e. Galerie Christian Berst Art brut

mercredi 15 avril 2015

ZOU - Trip In The Mix

A partir du 07 mai 2015, ZOU artiste peintre et photographe est l'invitée de la Galerie Sylvie Le Page

Zou est toujours à la recherche de nouvelles expériences artistiques.
Elle colle, peint, photographie ...

Elle collectionne les coupures de journaux, récupère divers matériaux, parfois atypiques, mais toujours puisés dans la vie de tous les jours, comme du carton, des cendres ou des végétaux...
Portant sur ces bouts de présents oubliés un nouveau regard et leur offrant une seconde vie.

Zou peint sans contrainte sur ses collages, elle accumule sous ses pinceaux une, deux, vingt visions d'une même image et dévoile couche après couche des « accidents » qui construisent la toile et lui donnent volume et force.

Depuis 2012, Zou photographie son quotidien et utilise ses coups d'œil pour les fondre dans le creuset de ses matières collées.

L'exposition à la Galerie Sylvie Le Page présentera ses dernières toiles ainsi qu'une nouvelle série de 12 photos de ses « Trip In The Mix ».

Elevée dans le respect et la tolérance, Zou accorde une grande importance au regard de l'autre et sur l'autre.

Dans son histoire personnelle Zou a une relation particulière avec le monde de la presse, spécialement avec les journaux qui lui ont donné la passion des mots. Ils l'ont toujours accompagnée de son enfance à son premier métier et aujourd'hui en tant qu'artiste.

« Les journaux, je les aime... J'aime jouer avec les mots, les détourner pour les utiliser dans mes créations » ZOU

FOCUS sur la toile « Le Respect»

Zou a peint la toile « Le Respect » juste après les attentats du 7 janvier 2015 contre Charlie Hebdo.

« Suite aux événements de Charlie j'ai été sous le choc, comme tout le monde.
Après quelques jours de réflexion, j'ai eu besoin de m'exprimer au travers de cette toile. Je suis partie du poing de Nelson Mandela, symbole de liberté, de volonté et de respect... Et puis le respect est une « juste cause » non? Avec ce drame notre liberté a été meurtrie... La tolérance aussi et le respect... Toutes ces valeurs si chères à mes yeux. » Zou

A propos de ZOU

Zou est une artiste française, peintre et photographe.

Zou a exposé à Bruxelles et à Beyrouth.

Elle participe depuis 5 ans au Salon Réalités Nouvelles à Paris.

Elle est présente de façon permanente à la Galerie l'Oeil du Prince et à la Galerie Sylvie Le Page et travaille régulièrement sur commande.

Autres expositions et récompenses :
Octobre-Novembre 2013 : Exposition personnelle au Centre d'Art et de Culture à Meudon.
Mai 2012 : Invitée d'honneur à la Biennale des Arts de la République de Montmartre (Paris).
Novembre 2008 : Artcurial, vente au profit des « Ecoles de l'espoir ».
Octobre 2008 : 1er prix du public au Salon des Arts de Vaucresson.
Octobre 2007 : 1er Prix du Jury au Salon des Arts de Vaucresson.

ZOU

Trip In The Mix
Exposition du 07 mai au 04 juin 2015
galeriesylvielepage.com/Zou
www.zou-paintings.com

Du mardi au vendredi 14h-19h
Samedi 11h-19h
Et sur rendez-vous

20, rue Saint-Claude
75003 Paris- France

vendredi 10 avril 2015

Exposition "L'Oeil du maître. Esquisses d'Alexandre-François Desportes (1661-1743) des collections de la cité de la céramique"

Du 20 mars au 28 juin 2015 au Petit Château du Domaine départemental de Sceaux

Le Conseil général des Hauts-de-Seine présente « L'œil du maître. Esquisses d'Alexandre-François Desportes (1661-1743) », en partenariat avec la Cité de la Céramique - Sèvres et Limoges. Cette exposition sera l'occasion de (re)découvrir un fonds important et méconnu des collections de la manufacture de Sèvres : les esquisses dessinées et peintes de François Desportes (1661-1743).

Connu par les grands décors animaliers qu'il réalisa pour les maisons royales, Desportes fut aussi un paysagiste attentif des campagnes jouxtant Paris, ainsi que l'inventeur de formes extraordinaires destinées à l'orfèvrerie. Talent prolifique et multiple, il a laissé un fonds d'atelier de plusieurs centaines d'œuvres, dont le musée de la Manufacture de Sèvres est, depuis 1785, le dépositaire.

Des cours d'histoire de l'art seront proposés en parallèle de l'exposition :

Mercredi 15 avril : Le Modèle des Ecoles du Nord
Mercredi 6 mai : La Nature morte en France au xviie siècle
Mercredi 13 mai : François Desportes
Mercredi 3 juin : Nicolas de Largillierre et Jean-Baptiste Oudry
Mercredi 10 juin : Jean-Siméon Chardin

Au Petit-Château, à 18h ; tarifs : cycle complet 30 € (tarif réduit 20 €), cours à l'unité 6€ (tarif réduit 4€)

Le musée du Domaine départemental de Sceaux a engagé, depuis plusieurs années, une politique visant à valoriser le patrimoine du territoire des Hauts-de-Seine et, plus largement, l'art de vivre en Île-de-France, un des objectifs de la vallée de la culture des Hauts-de-Seine.

Informations pratiques

Musée du Domaine départemental de Sceaux - 92330 Sceaux
01 41 87 29 50 - domaine-de-sceaux.hauts-de-seine.net
Tarifs Visite libre : plein tarif, 6 € ; tarif réduit, 4 €, groupe scolaire : 2 €
Horaires 14h - 18h30, fermé le lundi, fermé le 1er mai

Yamaha Corporation et Yamaha Motor Co., Ltd - Ah A May

Yamaha Corporation et Yamaha Motor Co., Ltd. Ont été présents lors d'une exposition commune à la 9ème édition de la Biennale Internationale Design de Saint-Etienne 2015. C'est la deuxième fois que Yamaha Corporation est présent sur l'événement (première en 2013) et c'est la première fois que Yamaha Corporation et Yamaha Motor Co., Ltd. s'unissent pour y présenter une exposition. Le thème de l'exposition est «projet AH A MAY». En préparation du projet, les divisions design des deux sociétés Yamaha ont mis en commun leurs compétences sans aucune contrainte liée à la production ou la commercialisation. Elles ont créé des designs en accord avec leurs méthodes et leurs philosophies. Les deux entreprises Yamaha ont abordé la conception de ces produits en considérant qu'ils seraient le reflet l'un de l'autre. Le but de ce projet est de stimuler l'imagination de chacun des designers afin de créer des produits qui incarnent l'image mutuelle qu'ils se font de la marque Yamaha.

Les designs présentés à la Biennale Internationale Design Saint-Etienne 2015 par Design Laboratory, Yamaha Corporation Moto

Moto
Inspiration: √ (Root)
En retirant de la vue du pilote les indicateurs sur le tableau de bord, l'idée consiste à lui permettre de faire partie du paysage. La forme a été créée pour se dérouler de la selle jusqu'au réservoir. Elle est inspirée par le thème du cheval, visant à donner un sentiment d'unité entre les personnes, la nature et le véhicule.

— Vélo électrique
Inspiration: 0±0 (Zero plus/minus Zero)
Le vélo électrique est placé sur une plate-forme de recharge. Lorsque le cycliste pédale, la batterie se recharge. La batterie peut alors être retirée du support et l'électricité générée peut être partagée et utilisée pour alimenter des instruments de musique ou tout autre appareil électrique. Ce concept vise à suggérer un style de vie avec une approche et une attitude positives quant à l'utilisation de l'électricité.

— Batterie
Inspiration: RAIJIN (Dieu du Tonnerre)
Ce produit cherche à créer la forme idéale permettant aux humains d'aller par-delà les méthodes d'expressions existantes. Le design ressemble à un globe et permet aux artistes de laisser libre court à leur imagination sur tout un assortiment de percussions. L'énergie jaillit en étant centrée sur l'artiste et créé un monde sonore de plus en plus esthétique et dynamique.

— Marimba
Inspiration : FUJIN (Dieu du Vent)
Ce marimba est conçu pour deux artistes et leur permet de combiner et multiplier leurs énergies. Le siège des artistes rappelle la selle des motos à deux places et leur permet de profiter des sensations causées par les mouvements inattendus lors de leur performance.

Informations

Exposition «Ah A May» de Yamaha Corporation et Yamaha Motor Co., Ltd.
Présentée durant la 9ème édition de la Biennale Internationale Design de Saint-Etienne du 12 au 22 mars 2015 (seulement) à la Cité du design (Saint-Etienne)

En savoir plus sur le projet «Ah a May»: cliquez ici.

Yamaha Motor Co., Ltd.
Ah A May
12 mars-12 mai 2015
Saint Etienne. Cité du design

Wouter Dam - Céramiques

Les sculptures monochromes de Wouter Dam semblent être gonflées par l'air qui les traverse. Comme une voile gonflée par le vent, les formes semblent onduler sous la houle, formant ainsi des vagues et des creux. Elles attirent le regard à la fois sur des courbes douces mais aussi sur des bords aiguisés, et nous plongent dans un état méditatif. «A première vue, mes créations peuvent paraître minimalistes. Mais elles sont néanmoins intrigantes».

L'œuvre en céramique de Wouter Dam démontre une capacité remarquable de combiner des formes lisses et ondulées avec des couleurs douces et sensuelles. Une parfaite fusion de courbes qui forme une sculpture compacte et intense aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur.

Le travail semble jaillir de plusieurs sources et laisse apparaître une architecture simple et élégante: «Je flirte avec des formes anthropomorphiques classiques et j'effleure la nature en m'inspirant des structures de végétaux.»

Ces créations ne révèlent qu'un vague soupçon de ses sources d'inspiration, afin de laisser courir librement l'imagination de chacun.

Informations

Galerie NeC (Paris)
Du 10 avril au 23 mai 2015

Site de l'artiste: www.wouterdam.com
Site de la galerie: www.galerienec.com

Marc H. Peverelli - Polacoi ?

Un voyage au fil de l'eau et avec les éléments, un voyage au cours du temps, un parcours de mémoire, sous-tendu par l'idée de transformation, d'usure, de disparition. Cette tentation de fixer le temps, inhérente à l'approche du photographe qui toujours se trouve confronté à l'instant, Marc H. Peverelli la malmène, comme il l'a du reste toujours fait, en lui octroyant le statut de trace. Et cette fois, la trace est livrée aux éléments et à la durée, laissant le champ ouvert au vieillissement, à l'effacement, à la perte totale. Il nous avait habitué jusqu'alors à un travail très chargé symboliquement, induisant la recherche de nombreuses clefs. Sa pudeur légendaire, non dénuée d'une certaine malice, faisait en sorte qu'on ne les trouve pas facilement, à défaut de le connaître un peu.

Cette fois-ci, l'approche est beaucoup plus pudique et son travail est intimement lié à sa propre mémoire d'homme, en tant que maillon d'une chaîne. Il nous convie à un parcours de rencontre de lieux de mémoire familiale, évoqués avec une touche impressionniste, à caractère éphémère. Il offre au regard une image ou plusieurs, en grand format, des éléments recueillis sur place, démarche d'archéologue, et des traces en cours d'évolution.

Ce voyage, il ne l'a pas toujours effectué seul: sa famille se joint à lui pour une échappée-mémoire en mer, et sa fille, S-A, l'accompagnera de manière informelle, ici ou là, apportant un témoignage filmé spontanément, illustrant la démarche de Marc H. Peverelli. Ce fleuve, le Rhône, et la mer sont porteurs de tous les liens qui l'unissent avec l'élément eau au cours de son existence. Je ne vous donnerai pas les clefs de lecture: elles lui appartiennent en propre, mais libre à vous de lui demander de vous les prêter, et peut être…

Toutefois l'atmosphère dégagée par ce travail invite aisément chacun d'entre nous, s'il le désire, à s'embarquer dans son propre chemin de mémoire. Il y a là une dimension universelle, une porte ouverte à l'introspection et à la réflexion sur ce que nous sommes, sur notre rapport à l'espace et au temps, sur la fuite et l'illusion du réel au sens d'Héraclite: «On ne peut pas descendre deux fois dans le même fleuve…»

M.C.

Marc H. Peverelli
Polacoi ?
10 avril-16 mai 2015
Lyon 4e. Galerie Vrais Rêves

jeudi 9 avril 2015

Yuki Onodera

Née à Tokyo en 1962, Yuki Onodera installe son atelier à Paris en 1993, et expose depuis lors son travail dans le monde entier. Yuki Onodera se pose la question de savoir ce qu'est la photographie et ce que la photographie peut faire. Cette réflexion la conduit à une pratique insolite qui dépasse en fin de compte le cadre de la «simple» photographie : elle insère une bille dans l'appareil photographique, ou se rend de l'autre côté de la Terre pour prendre des photos sur la base d'une histoire construite à partir d'un fait divers ou d'une légende. Elle est aussi reconnue pour ses travaux originaux et artisanaux, comme les tirages manuels sur papier argentiques de grande taille (2 mètres et plus), ou la coloration à l'huile sur tirages noir et blanc.

Chaque photographie de Yuki Onodera est le résultat de petits décalages volontaires insérés dans le circuit de l'information. Yuki Onodera accède ainsi à d'autres niveaux de réalité, les enjeux de la perception constituant l'essence même de sa démarche.

La Maison Européenne de la Photographie présente, dans l'exposition qu'elle lui consacre, trois séries de l'artiste : Transvest, Eleventh Finger, ainsi que Muybridge's Twist, un travail inédit.

La série Transvest, commencée en 2002, est toujours en cours. Les silhouettes ne sont pas obtenues par prise de vue de personnages réels, mais proviennent d'images préexistantes, sélectionnées dans des journaux ou des magazines, découpées et photographiées à contre-jour. Les silhouettes ne sont pas des ombres simples, des fragments d'autres images y sont insérés: montagnes, éléments d'architecture baroque, ronds dans l'eau d'un lac, bonbons, ruines, tatouages amérindiens, foule, voitures, insectes, fêtes, ballons qui éclatent… Les personnages, nommés «Krio» ou «Rosa», etc. ne sont autres que l'ensemble des images diverses et variées, sombres à la limite du discernable. Leur corps incarne ainsi un monde au-delà du temps et de l'espace et sont représentés à taille réelle au tirage.

Dans la série Eleventh Finger (2006), les photos sont prises à la hanche, pour laisser s'exprimer les attitudes et les mouvements inconscients. Les visages des modèles sont cachés par la technique du photogramme, avec un papier ajouré comme de la dentelle qui apparaît en blanc sur le tirage. L'absence de visage fait perdre le sens des gestes qui peuvent en devenir comiques, à moins d'y voir une réflexion sur le droit à l'image, effectivement possible. Le papier sur les visages est décoré de motifs tantôt concrets tantôt abstraits, ajourés à la main par l'artiste. L'à-plat du photogramme fait un vif contraste avec le gros grain de la partie photo. Le «onzième doigt» du titre réfère aux dix doigts du modèle auxquels s'ajoute celui qui appuie sur le déclencheur de l'appareil.

Yuki Onodera
15 avril-14 juin 2015
Paris 4e. Maison européenne de la photo

Gérard Rondeau - Au bord de l'ombre

Gérard Rondeau explore les coulisses des musées pendant vingt ans, il chronique la vie à Sarajevo durant le siège, il dresse un portrait du Maroc contemporain dans un brillant dialogue au-delà du temps avec la peinture et les dessins de Delacroix. Pendant quinze ans, il accompagne les missions de Médecins du Monde dans le monde entier.

Grand portraitiste travaillant régulièrement pour Le Monde pendant plus de vingt ans, il réunit une très grande collection de portraits de peintres et d'écrivains contemporains. Pendant de longues années, Gérard Rondeau accompagne le peintre Paul Rebeyrolle, il parcourt avec le romancier Yves Gibeau les champs de bataille de la première guerre mondiale, il visite avec le Quatuor Ysaÿe les grandes scènes du monde, il fait l'inventaire avec l'écrivain Bernard Frank des rues de sa vie.

Récemment, durant trois années, il travaille sur la Marne, il flirte avec la rivière, il part 45 jours sur un bateau-studio à la rencontre des riverains et spécialistes, photographie et filme plus de 150 personnes. De ces matériaux, il dressera le premier portrait général de la plus longue rivière de France.

Gérard Rondeau voyage dans un monde en noir et blanc, il emprunte des chemins sans fin, joue avec les mots, les jeux d'ombre et les silences, il assemble des histoires et restitue des mondes en souffrance.

Auteur de nombreux ouvrages, notamment sur le Louvre, le Maroc, le quai Branly, le Bénin, les capitales baltes, les Fantômes du Chemin des Dames… Gérard Rondeau est un photographe rare et singulier. Ses livres et ses expositions ressemblent à des journaux intimes, à des romans.

Gérard Rondeau
Au bord de l'ombre
15 avril-14 juin 2015
Paris 4e. Maison européenne de la photo

Charles-Henri Monvert - Pourquoi pas autrement ?

Pour la deuxième exposition de Charles-Henri Monvert chez Emmanuel Hervé, trois tableaux sont réunis. L'artiste écarte toute idée de projet, de contrôle, d'intervention même, de protocole en tout cas, au profit de cette autonomie fantasmatique du tableau comme objet, dont on nous a déjà rebattu les oreilles, mais rarement de façon aussi désopilante.

Si dans un joyeux désordre on cite devant lui Imi Knoebel, Véra Molnar voire Sol LeWitt, Charles-Henri Monvert laisse dire avec placidité. Mais il faut citer Martin Barré pour qu'il s'exalte, et Brice Marden, pour l'entendre réfuter énergiquement.

La grille qu'il trace sur la toile à la mine de plomb et qui transparaît encore ça et là n'est pas un principe directeur, c'est un échafaudage qui aide à composer ou à s'évader de la composition préconçue. En tout cas elle n'a rien à voir avec la grille minimaliste. L'échafaudage peut rester à demi accroché à l'ouvrage. La grille américaine est all over. Ce qui les oppose.

Ses tableaux sont plutôt lisses. Pourtant, selon l'artiste, tout se passe dans la matière picturale bien plus que dans la composition ou dans la couleur. La faible épaisseur qui donne à la matière cette consistance procure sa tension et l'intensité chromatique voulue au tableau. L'«intensité chromatique» considérée comme consistance propre de la peinture-phénomène, donc indépendamment de la relation des couleurs entre elles.

L'exécution a son importance. Il faut en général à Charles-Henri Monvert entre un et trois ans entre le commencement d'un tableau et l'achèvement qui permet son souverain abandon.

Dans ces trois tableaux, on pourra voir des formes: un cœur, une tête, un fantôme… Ce qui est plutôt étonnant pour des tableaux censés détachés de tout souci de représentation. Des tableaux de 160 x 120 cm, peints à l'acrylique, ce qui est assez inhabituel pour l'artiste, pour qui: «L'acrylique va un peu trop vite. Mais ça s'est passé comme ça!»

Des tableaux censés renvoyer à aucune autre expérience qu'à leur intrinsèque étrangeté. Mais étrangeté à quoi?

Des tableaux portant des titres en anglais, pour la première fois, l'artiste ne sait pas pourquoi, sinon pour dire que les figures qui s'y sont invitées par inadvertance, Heart, Head et Ghost Writer, sont étrangères à l'abstraction de rigueur, caractérisée par un titre de série en français, lui, mais qui n'engage à rien: Lignes et cercles. Et au dos des tableaux, des poèmes d'un autre temps, ainsi qu'une précision toujours utile: le nom de la planète d'où ils viennent: «Atelier, Alésia».

Frédéric Paul (extraits)

Charles-Henri Monvert
Pourquoi pas autrement ?
10 avril-23 mai 2015
Paris 20e. Galerie Emmanuel Hervé

Blaise Drummond - La lumière du Nord (North Light)

Les tableaux de Blaise Drummond sont tramés de fils invisibles reliant des univers, des sensations et des souvenirs disparates et hétéronomes qu'il parvient, tel un équilibriste, à fédérer le temps de compositions plus ou moins aérées selon les cas.

Les mobilier et design d'Alvar Aalto, Robin et Lucienne Day, Charles et Ray Eames, Jean Prouvé, Eero et Eliel Saarinen, l'Atelier rouge d'Henri Matisse, le Baptême du Christ de Piero della Francesca, le Vénus et Cupidon de Lucas Cranach l'Ancien, des références et «marqueurs» récurrents dans le parcours de Blaise Drummond, auxquels s'ajoutent des peintures de Caspar David Friedrich, de Fairfield Porter et de Wilhelm Sasnal, un poème de James Schuyler, des réminiscences d'un documentaire sur Joni Mitchell et d'un voyage effectué en Arctique, sans oublier d'autres éléments, en rapport avec les enfants de l'artiste — Arthur Lev, Bea, Sonny et Soren — mais aussi avec son environnement et son quotidien (arbres du jardin, etc.): autant de données qui alimentent la constellation de signes innervant ses peintures pour cette exposition.

Au sens premier du terme, anachroniques et témoignant d'une élasticité temporelle, quand bien même on y constate un ancrage régulier dans les années 1950 et 1960 pour les références en matière de design ou d'architecture, comme l'atteste notamment la fascination qu'exercent les textiles de Lucienne Day, ses peintures traduisent une atmosphère très unheimlich.

Placées sous le signe d'une complémentarité, pour ne pas dire contradiction, pleinement assumée où intérieur et extérieur, nature et culture, surfaces et effets de profondeur s'enchevêtrent au sein d'espaces fédérateurs, elles relèvent d'un no man's land à la fois rassurant, car renvoyant à des facteurs identifiables, et déstabilisant, compte tenu des improbables télescopages qui nous sont donnés à voir.

Cette «contradiction simultanée», nous la retrouvons aussi dans les textures picturales propres à ses tableaux, Blaise Drummond ayant superposé à une «armature», synonyme d'une facture contrôlée, des traits déliés et atomisés reflétant une approche plus aléatoire et intuitive de son métier.

L'artiste qualifie ses œuvres d'«espèces de peintures de paysages désagrégé(e)s» («sort of landscape paintings fallen apart») desquelles naît une forme d'espoir. A nous de le saisir.

Erik Verhagen

Blaise Drummond est né en 1967 à Liverpool, Royaume-Uni. Il vit et travaille à Dublin, Irlande.

Blaise Drummond
La lumière du Nord (North Light)
10 avril-16 mai 2015
Vernissage le 09 avril 2015
Paris 6e. Galerie Loevenbruck

Bruno Botella

On pourrait comparer les expérimentations de Bruno Botella à des dispositifs cinématographiques subvertis, tronqués, souvent même littéralement absents. Il définit, par exemple, le dessin animé comme «un dessin sans papier autant qu'il est un film sans caméra».

Pour l'une des œuvres de l'exposition, Oborot (2012), il manipule une pâte à modeler aux vertus hallucinogènes dont les molécules, absorbées par la peau, provoquent un état de transe. Il en résulte des œuvres-rebuts en forme de sacs de pâte à modeler.

Plus récemment, l'artiste a conjugué l'utilisation d'une méthode de rééducation pour les personnes souffrant d'une amputation et l'emploi d'une pâte anesthésiante travaillée à l'aveugle. D'un processus reposant sur une dynamique d'apparition et de disparition proviennent à la fois la matrice et le résultat: Problème pédagogique (White Peephole) (2014) et Problème pédagogique (Dans le noir la boue tout bas les bribes et ce miroir (film)) (2014).

Nombreuses sont les œuvres de l'artiste qui s'appuient sur un dispositif aveugle et visent une apparition fugace. Obscurité, vue troublée ou empêchée y sont la condition de tout phénomène, optique, mental et sensoriel, ainsi que les facteurs et les révélateurs d'une corporalité prégnante.

Bruno Botella est né en 1976. Il vit et travaille à Paris.

Bruno Botella
11 avril-17 mai 2015
Paris 16e. Palais de Tokyo

Stephen Felton - Stick and Rag

Au Confort Moderne, trente années de soutien actif à la création, et de collaborations artistiques ont abouti au dépôt par les artistes invités de plus d'une centaine de pièces dans les réserves.
L'exposition «Stick and Rag» est l'occasion de sortir ces œuvres des réserves, et d'inviter le peintre new-yorkais Stephen Felton à travailler à partir de cette collection qui n'en est pas une.

Les peintures de Stephen Felton sont d'une simplicité qui peut s'avérer d'abord déconcertante. Sa méthode est invariable: tendre une toile sur son châssis, l'apprêter, la peindre rapidement, l'observer, et recommencer si le résultat n'est pas satisfaisant.
Mais elle ne sert pas simplement à produire des œuvres, elle structure aussi la vie toute entière de l'artiste autour de la peinture. Peindre, nous dit Stephen Felton, est une activité qui n'est pas forcément glorieuse, mais qui est douce et constante.

Stephen Felton expérimentera une nouvelle méthode de travail au Confort Moderne, en associant à des peintures sur toile des séries réalisées directement sur les murs de l'Entrepôt, dans tout l'espace, et en travaillant à partir de cette non-collection.

«Stick and Rag» sera donc à la fois une exposition de son propre travail, et une scénographie picturale pour ces œuvres, installées temporairement dans l'Entrepôt pour inventaire.

Stephen Felton
Stick and Rag
11 avril-09 mai 2015
Poitiers. Le Confort moderne

Nina Fiocco, Lise Lacombe Piano-Alto ! Des géographies nomades

«Piano-Alto! Des géographies nomades» est la restitution des résidences croisées entre Midi-Pyrénées et l'Italie du Nord. Cette exposition collective, réunissant cinq artistes, joue des topographies et des géographies de chacun des territoires traversés: montagnes et plaines, villes et villages, sites urbains et spots touristiques.

Nina Fiocco, Lise Lacombe, Jérémy Laffon, Daniele Pezzi et Guillaume Robert envisagent ici de nouvelles projections liées aux paysages découverts et entrepris. Habités de récits socio-politiques et de mythes actuels ou ancestraux, ces territoires deviennent les lieux d'épopées contemporaines où errent des personnages en quête d'histoire, d'identité et d'utopie.
Leurs œuvres font état d'une présence ambiguë entre le documentaire et la fiction pour promener notre imaginaire par monts et par vaux, dans la même quête d'urgence à exister et à réfléchir les relations à l'altérité.

Tandis que Guillaume Robert, Lise Lacombe et Jérémy Laffon ont été reçus à Careof à Milan et/ou à Dolomiti Contemporanee à Casso (Italie), nous avons accueillis Nina Fiocco et Daniele Pezzi dans trois centres d'art contemporain du réseau air de Midi: la Maison des Arts Georges Pompidou à Cajarc, Maisons Daura à Saint-Cirq Lapopie, la Chapelle St Jacques à Saint-Gaudens et le BBB centre d'art à Toulouse. La vidéo Interlude de Diego Marcon, s'invite pour faire index au propos de «Piano-Alto!»

En amont de l'exposition, la Traversée, ligne Nord–Sud Aller-Retour, vous offre de mesurer les distances et les proximités entre les trois structures associées à ce voyage dessiné avec les artistes et ponctué de surprises...

«Je vois davantage mon rôle comme celui d'un catalyseur. Je cherche le plus possible à laisser mon idée se glisser dans le contexte afin de générer des connexions autonomes entre les personnes, les lieux, et les sensibilités, même divergentes. J'essaie ainsi d'échapper à l'auteur qui prétend tout savoir, en privilégiant la recherche constante de collaboration.

L'exemple le plus évident de cette volonté est le type de relation que je construis avec les acteurs professionnels ou pas. Je cherche à développer avec eux un personnage qui puisse être une médiation entre ce que les acteurs sont déjà intimement et l'idée d'identité que je poursuis, sans que les personnes se sentent utilisées, mais plutôt observées par l'objectif de ma caméra, qui, avec le temps qui passe, tend à disparaître et à devenir œil invisible.»

Daniele Pezzi

Nina Fiocco, Lise Lacombe
Piano-Alto! Des géographies nomades
12 avril-07 juin 2015
Cajarc. Maison des arts Georges Pompidou

mardi 7 avril 2015

MON JARDIN EST DANS TES YEUX - OEUVRES DU MUSEE DES ARTS CONTEMPORAINS AU GRAND-HORNU

L’exposition présente quelques-unes des oeuvres rassemblées au cours des 12 ans d’existence du Musée des Arts Contemporains au Grand-Hornu. La situation du musée au sein de ce site historique nous a conduits, pour établir la collection, à privilégier certains aspects de la création artistique contemporaine, autour des thèmes du lieu, de la poésie et de la mémoire. Il est, peut-être, utile de préciser deux ou trois choses à propos de ce jardin qui orne le titre de l’exposition. Tout d’abord, il n’est pas certain qu’il m’appartienne, et s’il est mien, c’est que j’en ai dérobé une partie aux artistes qui l’avaient conçu avant moi. Je me suis approprié quelques images à partir de détails qui me sont chers. Je ne sais vraiment par quoi ces oeuvres sont entrées dans ma mémoire; elles y résonnent de curieuse manière et façonnent avec une certaine intensité une part de ma vie, qui m’émerveille. C’est bien là le rôle des musées: rassembler et montrer des oeuvres qui ne leur appartiennent pas, et qui entrent et brillent dans les yeux de ceux et celles qui les regardent.
Laurent Busine

Artistes exposants
Orla Barry, Pierre Bettencourt, Balthasar Burkhard, David Claerbout, Nicolas Gruppo, Roni Horn, Natalia de Mello, Mark Lewis, Jonathan Monk, Giuseppe Penone, José María Sicilia, Angel Vergara Santiago.

MON JARDIN EST DANS TES YEUX
OEUVRES DU MUSEE DES ARTS CONTEMPORAINS AU GRAND-HORNU
CENTRE WALLONIE-BRUXELLES A PARIS / 09 AVRIL-24 MAI 2015

— Du lundi au vendredi de 9h à 19h. Samedi et dimanche de 11h à 19h.
— Tarifs : 5 €, 3€ réduit (étudiants, seniors, groupes à partir de 10 personnes et demandeurs d'emploi). Gratuit moins de 12 ans et Amis du Centre.

Centre Wallonie-Bruxelles
127-129, rue Saint-Martin. 75004 Paris. Métro Rambuteau
www.cwb.fr

vendredi 3 avril 2015

Why Shoes ? Xavier G-Solis, exposition rétrospective


L'artiste catalan Xavier G-Solis sera l'invité du musée international de la chaussure de Romans (Drôme), du 11 avril au 25 octobre, pour son exposition rétrospective Why Shoes ?

Philosophe et sculpteur de formation, le catalan Xavier G-Solis est aujourd'hui artiste visuel et se consacre entièrement à son œuvre. Depuis 15 ans, il mène un travail autour du concept de l'objet « chaussure usée » qu'il considère comme un symbole de l'histoire de l'humanité, une clef pour comprendre la façon d'être de l'homme dans le monde contemporain.

Why shoes ? est un condensé de ces 15 années de travail et sa première rétrospective. Du 11 avril au 25 octobre, plus d'une centaine de ses créations seront ainsi exposées au musée international de la chaussure de Romans, faisant écho à ses collections qui révèlent la signification symbolique et sociale de la chaussure. Un retour aux sources pour l'artiste qui a débuté son travail, ici, au centre de documentation du musée.

La démarche artistique de Xavier G-Solis s'inscrit dans l'histoire de l'art contemporain, dans la continuité des travaux sur les objets et les concepts de ready-made, d'installation et de performance.

Visuelle, graphique et scénographique, l'exposition Why Shoes ? est composée de photos, de vidéos, de gravures, d'empreintes ou encore de sculptures, avec une approche à la fois esthétique, poétique, ludique et critique.

« Nous sommes dans le monde pieds nus et nous sommes sur le monde chaussés », c'est la réflexion qu'il nous propose au travers de ses chaussures-voiles, ses chaussures gravées ou encore ses shoes-cars, des chaussures-voitures télécommandées que le visiteur pourra expérimenter dans le cadre d'un atelier. L'artiste a également créé, tout spécialement pour le musée, une installation « Chaussure = rituel », qui fait le lien entre histoire et art contemporain.

Diverses animations seront proposées autour de l'exposition : rencontres avec l'artiste, visites guidées de l'exposition, ateliers jeune public...

Musée international de la chaussure - rue Bistour - 26100 Romans

Black & White - Les Maîtres du Noir et Blanc

Pour la seconde partie de sa rétrospective, dorothy’s gallery, American Center for the Arts se consacre au noir et blanc, enfants terribles qui font bande à part des couleurs et qui portent en eux nombre de symboliques.

«avec le blanc, son compère, le noir nous a construit un imaginaire à part». Michel Pastoureau, écrivain et historien des couleurs

Les artistes

Près de vingt artistes internationaux - photographes, peintres, dessinateurs, graveurs, collagistes - nous présentent leur univers pictural.

Richard Allen - Katy Anderson - Jonathan French - Maurizio Galimberti - Kimberly Gremillion - Burt Hollander - Kanda - Jean Marcellino - Percy Martin - Michel Medinger - Donald Mitchell - Alain Quemper - Paula Rosa - Brigitte Rutenberg - Artur do Cruzeiro Seixas - Catherine Seghers - Jen Sloan - William Tyler.

En quête de...

Qu’expriment-ils dans leur quête de traitement du noir et blanc ? Un jeu optique ? Une valorisation du contraste ? Une dimension poétique ou narrative? Un absolu inatteignable ? Une recherche d’intemporalité ? Une nostalgie du passé ?

Une Rencontre

Le blanc, gîte matriciel de la lumière, symboliquement associé à l’immaculé, rencontre le noir, nuit féconde, germe du surnaturel, du mystère, de l’élégance et du souterrain.

Le noir et blanc, c’est la rencontre de deux extrêmes étroitement liés car ayant besoin l’un de l’autre pour se révéler. Finalement, c’est par le noir que le blanc irradie et c’est le blanc qui donne au noir toute sa profondeur. Et si à eux deux, ils ne créaient pas finalement une seule couleur, un « noir et blanc »… une couleur transcendante et intemporelle.

« Et maintenant que la couleur est omniprésente, c’est le noir et blanc qui devient révolutionnaire ! » Michel Pastoureau, Le petit livre des couleurs, 2005

Katy Anderson – Photographe texane qui dépeint des portraits de jeunes Afro-Américains confrontés à des stéréotypes racistes dans une démarche de témoignage social.

Jonathan French – Photographe américain qui cultive un intérêt pour la communauté noire. Son objectif visite l’intimité dans un devoir de mémoire.

Maurizio Galimberti – Nostalgie et réinterprétation de la réalité pour ce photographe italien spécialisé dans le polaroïd.

Kimberly Gremillion – Conteuse des rives ombragées de l’inconscient humain, elle photographie des troupes de danse et de cirque renommées.

Kanda – Maître de l’abstraction, il donne au trait et à la courbe toute leur force.

Jean Marcellino – Au fusain, au pastel au crayon, elle capture l’illusion de volume tridimensionnel des corps sur une surface plane.

Percy Martin – Graveur dont les travaux sont inspirés par un riche imaginaire autour des Bushmans africains, leur culture et leurs rituels mythologiques.

Michel Medinger – les fictions photographiques oniriques ou cauchemardesques du photographe luxembourgeois

Patrick Medrano – Dessins de figures féminines fantasmagoriques

Donald Mitchell & William Tyler – Art brut – Des dessins au mar­queur noir qui nous transportent dans un monde entre fantaisie et réalité.

Alain Quemper – Photographe des années 68 et de ses figures emblématiques.

Paula Rosa – Un terrifiant mariage entre photographie surréaliste et art numérique prenant place dans un monde post-apocalyptique.

Arturo do Cruzeiro Seixas – Ce grand surréaliste portugais présente un univers peuplé d’hybrides qui s’enlacent ou fusionnent pour former des corps pluriels.

Catherine Seghers – Monde enfantin surréaliste pour cette graveuse et illustratrice française.

Jen Sloan – Cette photographe et collagiste américaine prend comme sujets les détails de la ville et les passants. Elle découpe et recombine en jouant sur l’espace, la profondeur et le mouvement.

Et Richard Allen – Photographe et musicien afro-américain, Bert Hollander – Linograveur belge, Brigitte Rutenberg – Collagiste américaine.

Informations pratiques :

Black & White
Les Maîtres du Noir et Blanc
Photographie, Peinture, Dessin, Gravure, Collage, Art Digital
Du 10 au 30 avril 2015

Dorothy’s gallery, American Center for the Arts
27 rue keller, 75011 Paris
M° Bastille, Voltaire, Ledru-Rollin, Bréguet-Sabin

Horaires :
mar-dim : 16h-19h
mer-sam : 13h-19h

Entrée Libre