Invité pour la première fois au musée des Beaux-arts de Caen, François Morellet occupe une place très singulière sur la scène artistique française et internationale.
Membre fondateur du Groupe de Recherches d’Art Visuel, il est aussi l’un des représentants majeurs de l’abstraction géométrique et de l’art optico-cinétique. L’œuvre de François Morellet, développée au cours des 60 dernières années, repose sur une conception systématique de l’art ; les règles qu’il se donne lui permettent de réduire au minimum le nombre de décisions subjectives pour laisser apparaitre des formes à la fois rigoureuses et imprévisibles. Il associe nécessités de la contrainte, intervention du hasard et jeux d’esprit, faisant naître des œuvres pleines d’humour. Cette exposition réunit un ensemble très significatif des éditions de François Morellet, estampes et albums d’estampes, produits entre 1965 et 2014.
«J’ai beaucoup joué avec les lignes depuis bientôt trente ans. Je les ai fait se juxtaposer, se superposer, se répartir au hasard, s’interférer et se fragmenter. La gravure permet aussi, grâce à l’utilisation de plusieurs plaques de cuivre, de signifier cette fragmentation avec une économie de moyens qui m’intéresse particulièrement. J’ai en effet toujours eu comme grand principe d’en faire le moins possible ou trouver des principes qui seront suffisamment simples et précis pour que la limitation de ma responsabilité soit évidente» (François Morellet).
En regard de ces estampes sont présentées des pièces phares:
Sphère-trames (1962), le néon Lamentable (2006) et des œuvres conçues spécialement pour le musée, la monumentale 3D éphémère et une Défiguration de notre tableau L’Enlèvement d’Hélène de Luca Giordano.
Musée des Beaux-arts de Caen
Le Château. 14000 Caen
www.mba.caen.fr
15 mai-21 septembre 2015
Tarifs : Plein : 5,50 € / Réduit : 3,50 €
Gratuit: Moins de 26 ans / Tous le 1er dimanche du mois / Abonnés au Pass’murailles et les Amis du musée
Ouvert tous les jours de 9h30 à 18h sauf les mardis
mardi 26 mai 2015
vendredi 22 mai 2015
Exposition photos Tadashi Ono à la galerie VivoEquidem : GREY - GEZI PARK, ISTANBUL
Du 12 mai au 31 août 2015, la galerie VivoEquidem présente les photographies de Tadashi Ono réalisées quatre mois après le vaste mouvement de protestation de mai 2013 dans le parc Gezi, situé près de la place Taksim, au cœur d’Istanbul. Avec ce travail photographique, Tadashi Ono a choisi volontairement de collecter «à distance» ce qui reste de la manifestation dont toutes les traces ont été méticuleusement recouvertes de peinture grise par les autorités.
De mai à juin 2013, le parc Gezi, près de la place Taksim, au cœur de la partie européenne d’Istanbul, est devenu un centre de coordination du Gezi Movement (#occupygezi), une manifestation antigouvernementale rejointe par plus de 2 millions de citoyens.
La protestation a été déclenchée par la décision du gouvernement d’abattre les arbres du parc pour construire un centre commercial. Les manifestants qui ont organisé un sit-in ont été brutalement expulsés par la police armée de bombes de gaz lacrymogène et de canons à eau.
Suite à cette violente réaction, le gouvernement turc a été obligé de faire face à une insatisfaction croissante des citoyens contre l’administration d’Erdogan.
À partir d’un sit-in écologiste, la manifestation a dégénéré en un mouvement anti-gouvernement à l’échelle nationale, gagnant d’autres grandes villes comme Ankara et Izmir. Une fois de plus, les réseaux sociaux ont joué un rôle important dans la diffusion mondiale des informations conduisant plusieurs actions de protestation dans les métropoles européennes comme Paris, Berlin et Londres.
GRIS-GEZI PARK, ISTANBUL est un travail photographique sur ce parc, réalisé 3 à 10 mois après le mouvement. Ces images constituent la collecte de résidus des évènements qui s’y sont déroulés. L’un des sujets centraux de ce travail est la représentation des arbres.
Dans ce mouvement de protestation, les arbres et le parc ont été mis en opposition avec le centre commercial et il est intéressant de rappeler que le concept de centre commercial, le « passage », est né à Paris au 19e siècle, presque en même temps que les parcs urbains et la photographie. Tous trois sont considérés comme des symboles de l’époque moderne.
À l’origine, « passages » et parcs urbains étaient associés les uns aux autres comme des espaces équilibrés de vie et de consommation dans la ville. Aujourd’hui, l’économie contemporaine a donné la préférence aux centres commerciaux avec des « passages » hypertrophiés, tandis que les arbres et les parcs ont été progressivement exclus ou intégrés dans d’anciennes structures urbaines.
À Istanbul, après le mouvement, le parc a été recouvert par les autorités de peinture grise. Les graffitis et les messages multicolores laissés par les manifestants sur les murs, les dalles et les troncs des arbres ont été masqués et supprimés avec une teinte monochrome grise comme si rien ne s’était passé. Restent cependant ces tableaux gris et obstinés, témoins de l’oppression, rappelant l’intensité des voix réprimées.
TROIS SÉRIES DE PHOTOGRAPHIES PRÉSENTÉES
DALLES
Les dalles du parc Gezi sont devenues une sorte de toile sur laquelle les expressions citoyennes se sont confrontées au gouvernement. Les messages de protestation griffonnée sur les dalles ont été recouverts systématiquement par de la peinture grise monochrome. Chaque photographie représente ainsi une sorte de peinture abstraite faite par le pouvoir. La bande verticale de couleur que l’on voit sur les photographies est une anamorphose représentant la foule des manifestants, toujours présents dans le cyberespace.
ÉTUDES DES ARBRES
Pour faire suite aux « études d’arbres », pratiquées au 19e siècle, ces images montrent minutieusement la surface des troncs sur lesquels les traces de l’opposition apparaissent. Les messages multicolores peints par les citoyens et les surfaces monochromes grises peintes par le pouvoir incarnent l’antinomie de ce mouvement de protestation dans plusieurs couches. En outre, la forme organique et complexe de l’écorce représente elle-même la force de régénération de la nature qui efface progressivement les peintures des deux côtés. Sur chaque photo de la série, une ou plusieurs lignes de couleur se croisent comme un indicateur de couleur montrant celles utilisées pour peindre les premiers mots, et révélant ainsi les voix des manifestants étouffés par la peinture grise.
ÉCHANTILLONS
Échantillonnage de divers éléments du parc : mur, arbre, gens, ciel, ombre et lumière ... Ces fragments du parc représentent différentes formes organiques et pas uniquement les traces du mouvement de protestation. Le parc est en effet une réserve de formes organiques de la ville. Lorsque les citoyens défendent ce parc, ils défendent également ses formes. Cet ensemble d’images peut être considéré comme un hommage aux personnes et à ces formes qui reflètent une certaine
Tadashi ONO
Professeur et directeur de la section de la photographie, à l’Université de Kyoto d’Art et de Design
- Né à Tokyo, vit et travaille à Kyoto et Paris
- Étude de sylviculture, Université de Shinshu, Nagano, au Japon.
- École Nationale Supérieure de la Photographie, Arles, France, diplôme 1991-
- Artiste en résidence, Centre Culturel français d’Alexandrie, en Égypte, 1992
- Chargé de cours de photographie à l’Atelier de Sèvres à Paris, 2003-2010
- Commande publique par le ministère français des Arts pour créer des archives photographiques de Le Cyclop, l’une des œuvres majeures de Jean Tinguely, 2005
- Photoquai 2009. Membre du comité de conservation de la 2e Biennale des Images organisée par le Musée national du Quai Branly, Paris, 2008-2009
- Présentateur et conservateur pour Le Prix Découverte de la 43e édition de Rencontres Internationales de la Photo, Arles, France, 2012
Exposition du 12 mai au 31 août 2015
GREY-GEZI PARK, ISTANBUL
De mai à juin 2013, le parc Gezi, près de la place Taksim, au cœur de la partie européenne d’Istanbul, est devenu un centre de coordination du Gezi Movement (#occupygezi), une manifestation antigouvernementale rejointe par plus de 2 millions de citoyens.
La protestation a été déclenchée par la décision du gouvernement d’abattre les arbres du parc pour construire un centre commercial. Les manifestants qui ont organisé un sit-in ont été brutalement expulsés par la police armée de bombes de gaz lacrymogène et de canons à eau.
Suite à cette violente réaction, le gouvernement turc a été obligé de faire face à une insatisfaction croissante des citoyens contre l’administration d’Erdogan.
À partir d’un sit-in écologiste, la manifestation a dégénéré en un mouvement anti-gouvernement à l’échelle nationale, gagnant d’autres grandes villes comme Ankara et Izmir. Une fois de plus, les réseaux sociaux ont joué un rôle important dans la diffusion mondiale des informations conduisant plusieurs actions de protestation dans les métropoles européennes comme Paris, Berlin et Londres.
GRIS-GEZI PARK, ISTANBUL est un travail photographique sur ce parc, réalisé 3 à 10 mois après le mouvement. Ces images constituent la collecte de résidus des évènements qui s’y sont déroulés. L’un des sujets centraux de ce travail est la représentation des arbres.
Dans ce mouvement de protestation, les arbres et le parc ont été mis en opposition avec le centre commercial et il est intéressant de rappeler que le concept de centre commercial, le « passage », est né à Paris au 19e siècle, presque en même temps que les parcs urbains et la photographie. Tous trois sont considérés comme des symboles de l’époque moderne.
À l’origine, « passages » et parcs urbains étaient associés les uns aux autres comme des espaces équilibrés de vie et de consommation dans la ville. Aujourd’hui, l’économie contemporaine a donné la préférence aux centres commerciaux avec des « passages » hypertrophiés, tandis que les arbres et les parcs ont été progressivement exclus ou intégrés dans d’anciennes structures urbaines.
À Istanbul, après le mouvement, le parc a été recouvert par les autorités de peinture grise. Les graffitis et les messages multicolores laissés par les manifestants sur les murs, les dalles et les troncs des arbres ont été masqués et supprimés avec une teinte monochrome grise comme si rien ne s’était passé. Restent cependant ces tableaux gris et obstinés, témoins de l’oppression, rappelant l’intensité des voix réprimées.
TROIS SÉRIES DE PHOTOGRAPHIES PRÉSENTÉES
DALLES
Les dalles du parc Gezi sont devenues une sorte de toile sur laquelle les expressions citoyennes se sont confrontées au gouvernement. Les messages de protestation griffonnée sur les dalles ont été recouverts systématiquement par de la peinture grise monochrome. Chaque photographie représente ainsi une sorte de peinture abstraite faite par le pouvoir. La bande verticale de couleur que l’on voit sur les photographies est une anamorphose représentant la foule des manifestants, toujours présents dans le cyberespace.
ÉTUDES DES ARBRES
Pour faire suite aux « études d’arbres », pratiquées au 19e siècle, ces images montrent minutieusement la surface des troncs sur lesquels les traces de l’opposition apparaissent. Les messages multicolores peints par les citoyens et les surfaces monochromes grises peintes par le pouvoir incarnent l’antinomie de ce mouvement de protestation dans plusieurs couches. En outre, la forme organique et complexe de l’écorce représente elle-même la force de régénération de la nature qui efface progressivement les peintures des deux côtés. Sur chaque photo de la série, une ou plusieurs lignes de couleur se croisent comme un indicateur de couleur montrant celles utilisées pour peindre les premiers mots, et révélant ainsi les voix des manifestants étouffés par la peinture grise.
ÉCHANTILLONS
Échantillonnage de divers éléments du parc : mur, arbre, gens, ciel, ombre et lumière ... Ces fragments du parc représentent différentes formes organiques et pas uniquement les traces du mouvement de protestation. Le parc est en effet une réserve de formes organiques de la ville. Lorsque les citoyens défendent ce parc, ils défendent également ses formes. Cet ensemble d’images peut être considéré comme un hommage aux personnes et à ces formes qui reflètent une certaine
Tadashi ONO
Professeur et directeur de la section de la photographie, à l’Université de Kyoto d’Art et de Design
- Né à Tokyo, vit et travaille à Kyoto et Paris
- Étude de sylviculture, Université de Shinshu, Nagano, au Japon.
- École Nationale Supérieure de la Photographie, Arles, France, diplôme 1991-
- Artiste en résidence, Centre Culturel français d’Alexandrie, en Égypte, 1992
- Chargé de cours de photographie à l’Atelier de Sèvres à Paris, 2003-2010
- Commande publique par le ministère français des Arts pour créer des archives photographiques de Le Cyclop, l’une des œuvres majeures de Jean Tinguely, 2005
- Photoquai 2009. Membre du comité de conservation de la 2e Biennale des Images organisée par le Musée national du Quai Branly, Paris, 2008-2009
- Présentateur et conservateur pour Le Prix Découverte de la 43e édition de Rencontres Internationales de la Photo, Arles, France, 2012
Exposition du 12 mai au 31 août 2015
GREY-GEZI PARK, ISTANBUL
jeudi 21 mai 2015
Jo Brunenberg - Collections
Un collectionneur rassemble un groupe d'objets bien définis dans une collection dont la cohérence dépend d'une fascination, d'une passion, d'un penchant personnel. Jo Brunenberg est collectionneur d'appareils photos historiques et de photos de nus masculins. Son propre travail photographique est aussi une collection d'images traitant de thèmes disparates qui sont pourtant en résonance les uns avec les autres.
Depuis ses premières photos de cristallisations dans les années 1960 jusqu'aux plus récentes quelques analogies évidentes sont repérables. L'architecture et la typographie, le nu masculin et la nature, sont tissés les uns avec les autres pour former la trame de son œuvre en opposant et en mettant toujours en miroir l'image manipulée et l'image trouvée.
Jo Brunenberg fait ses premières photos en 1963 et est immédiatement touché par le médium photographique alors qu'il n'a que quatorze ans. Aujourd'hui, plus de cinquante années après, l'ensemble de son œuvre est publié et exposé à de multiples reprises depuis l'Europe jusqu'aux Etats-Unis. Une de ses plus fameuses séries est Atlantikwal. Jo Brunenberg y expose le corps masculin, nu et vulnérable dans l'architecture en béton des casemates de la ligne de défense allemande, le long de la côte normande. La série Escaping Images dégage une atmosphère plus poétique en utilisant une double exposition sur le même négatif.
L'idée de confronter deux mondes — l'un construit et rationnel et l'autre organique et fragile — le poursuit et se retrouve dans la série Immagini Scoperte qui recoupe photographies de corps nus et projections de croquis, de maquettes anatomiques, astronomiques et physiques de Léonard de Vinci. Plus tard, Jo Brunenberg s'intéresse encore au contraste entre un monde composé mathématiquement et un monde organique comme dans la série Hortus hominis.
Sa fascination pour l'architecture, le lettrage et la typographie trouve son expression dans d'autre séries récentes, telles que ABC Trouvé et ABC Cherché, exemples typiques du rapport entre le construit et le donné: un ABC est cherché par l'effort de construction, l'autre est trouvé dans les heureuses coïncidences du paysage urbain. Enfin L'Heure Bleue est une série inspirée par l'atmosphère particulière, à l'aube et au crépuscule, quand l'air et l'environnement prennent parfois une couleur bleue magique et que l'architecture elle-même prend des traits mystérieux à travers la photographie.
Il semble alors que, malgré une grande variété de thèmes, un fil d'Ariane est néanmoins visible en filigrane. Quels que soient le sujet et la technique utilisés ses photos sont toujours composées puissamment et de façon équilibrée puisque Jo Brunenberg est toujours à la recherche d'un tirage techniquement parfait. Dans son travail, on aperçoit toujours cette recherche de l'harmonie et la beauté classique.
Extrait d'un texte de Drs. John van Cauteren (traduction par Mme Paola Kretzschmar)
Jo Brunenberg
Collections
21 mai-27 juin 2015
Lyon 4e. Galerie Vrais Rêves
Depuis ses premières photos de cristallisations dans les années 1960 jusqu'aux plus récentes quelques analogies évidentes sont repérables. L'architecture et la typographie, le nu masculin et la nature, sont tissés les uns avec les autres pour former la trame de son œuvre en opposant et en mettant toujours en miroir l'image manipulée et l'image trouvée.
Jo Brunenberg fait ses premières photos en 1963 et est immédiatement touché par le médium photographique alors qu'il n'a que quatorze ans. Aujourd'hui, plus de cinquante années après, l'ensemble de son œuvre est publié et exposé à de multiples reprises depuis l'Europe jusqu'aux Etats-Unis. Une de ses plus fameuses séries est Atlantikwal. Jo Brunenberg y expose le corps masculin, nu et vulnérable dans l'architecture en béton des casemates de la ligne de défense allemande, le long de la côte normande. La série Escaping Images dégage une atmosphère plus poétique en utilisant une double exposition sur le même négatif.
L'idée de confronter deux mondes — l'un construit et rationnel et l'autre organique et fragile — le poursuit et se retrouve dans la série Immagini Scoperte qui recoupe photographies de corps nus et projections de croquis, de maquettes anatomiques, astronomiques et physiques de Léonard de Vinci. Plus tard, Jo Brunenberg s'intéresse encore au contraste entre un monde composé mathématiquement et un monde organique comme dans la série Hortus hominis.
Sa fascination pour l'architecture, le lettrage et la typographie trouve son expression dans d'autre séries récentes, telles que ABC Trouvé et ABC Cherché, exemples typiques du rapport entre le construit et le donné: un ABC est cherché par l'effort de construction, l'autre est trouvé dans les heureuses coïncidences du paysage urbain. Enfin L'Heure Bleue est une série inspirée par l'atmosphère particulière, à l'aube et au crépuscule, quand l'air et l'environnement prennent parfois une couleur bleue magique et que l'architecture elle-même prend des traits mystérieux à travers la photographie.
Il semble alors que, malgré une grande variété de thèmes, un fil d'Ariane est néanmoins visible en filigrane. Quels que soient le sujet et la technique utilisés ses photos sont toujours composées puissamment et de façon équilibrée puisque Jo Brunenberg est toujours à la recherche d'un tirage techniquement parfait. Dans son travail, on aperçoit toujours cette recherche de l'harmonie et la beauté classique.
Extrait d'un texte de Drs. John van Cauteren (traduction par Mme Paola Kretzschmar)
Jo Brunenberg
Collections
21 mai-27 juin 2015
Lyon 4e. Galerie Vrais Rêves
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