Topographie de l'art continue la réflexion plastique née de la rencontre entre l'écrit et l'image avec cette quatrième exposition. Gravures, peintures, feuilles de journaux effacées, figures sacrées et calligraphie dialectisent la circulation entre les médiums et les médias et la construction de notre relation symbolique aux images textes, sous la direction du commissaire d'exposition Horst Haag.
L'art d'hier, l'art de demain et quelques notes sur les deux (Extrait)
Les garagistes du bon vieux temps accrochaient au mur de leur atelier des calendriers Pirelli.
Filles rapides et autos sexy… ils savaient ce qu'est la beauté, eux.
Boy meets girl, ainsi commence l'histoire. Quand l'écriture et l'image se rencontrent, elles s'inspirent l'une de l'autre, se renforcent mutuellement, des mondes insoupçonnés se déploient. La fiction devient plus riche en nuances, plus colorée, elle gagne en contrastes. La non-fiction devient plus intelligible, plus claire, sans équivoque. Les images gagnent en force expressive, élargissent l'horizon, étoffent le propos.
Tout ce qui est écrit fait image pour nous. Nous parlons d'une image graphique, confuse ou harmonieuse, chaotique ou policée. De même, face à un texte imprimé ou gravé dans la pierre, nous parlons d'image graphique; quant à la pictographie, c'est autre chose, les mots peuvent être brodés ou tapés à la machine, calligraphiés ou couchés sur le papier.
Dans le mot lithographie, nous lisons deux mots : lithos (pierre) et graphie (écriture, dessin) — ce dernier terme désignant deux activités différentes que le vocabulaire ne sépare pas encore. Une synergie, l'action conjointe de substances et de facteurs qui mutuellement se renforcent, s'intensifient, ou qui même permettent de produire un certain résultat.
Si l'art n'était rien d'autre qu'une méthode expérimentale sur la table d'un laboratoire invisible visant à démontrer la beauté à travers un processus persévérant ou dans un instant de génie, nous aurions déjà fait un pas sur les traces de son mystère. Élèves ou maîtres, épigones ou avantgardistes, défenseurs de la réduction ou de l'accumulation, tous veulent attirer l'attention, plaire et convaincre, comme n'a jamais cessé de le faire tout naturellement la beauté. Réellement, ceux qui ont bien plus à dire, à écrire, à présager que tous les autres sont les artistes non-conformistes, les art-brutistes. Outsiders, selftaughts, autodidactes curieusement souffrent de leur statut, ou plutôt de leur non-statut. Ils ne veulent pas rester en dehors, ils veulent être des insiders.
Clara Citron, Matthew Couper
ImageTexte4
16 fév.-27 avril 2016
Paris 3e. Topographie de l’art
mercredi 17 février 2016
jeudi 11 février 2016
Noémie Goudal - Cinquième corps
Noémie Goudal présente dans cette exposition «Cinquième Corps», les séries «In Search of the First Line» (2014), «Observatoires» (2014) et «Southern Light Stations» (2015). Celles-ci côtoient des pièces inédites produites spécifiquement pour l'espace du Bal.
Noémie Goudal crée des sculptures photographiques ambiguës, fabriquées de toutes pièces. Elle installe ces édifices, souvent faits de papier, dans des paysages naturels, recréant ainsi de nouvelles perspectives. Ces éléments architecturaux (escaliers, dômes, tours…) ou cosmiques (ellipses…), sont placés dans des océans vierges ou des étendues désertes.
En s'attardant sur ces formes, le regard descelle aisément la trace d'artifices (plis, imperfections, cordes, câbles,…) caractéristiques d'objets en deux dimensions conçus pour l'unique finalité de la photographie.
Dans «In Search of the First Line», c'est la contradiction temporelle qui est à l'œuvre: l'architecture d'édifices anciens se mêlent aux enchevêtrements de béton des ruines industrielles.
Dans «Observatoires», des bâtiments, usines ou entrepôts, photographiés en Allemagne, en France et au Royaume-Uni, semblent flotter dans un espace indéterminé, non sans évoquer les architectures cosmiques indiennes érigées à Delhi ou Jaipur au XVIIIème siècle.
Dans «Southern Light Stations», Noémie Goudal explore l'espace céleste, longtemps considéré à la fois comme le miroir des dérèglements terrestres et la manifestation du sacré. De l'Antiquité au Moyen Age, on y observe un emboîtement de sphères tournoyantes, un soleil de cristal éclairé par une grande torche ou de fulgurantes apparitions de boules de feu. La Terre est souvent décrite comme reposant sur l'eau, et le ciel, comme une voûte posée au-dessus d'elle, la limitant de toute part.
L'œuvre de Noémie Goudal se nourrit du regard interrogateur de l'homme sur l'univers, espace de re-créaction où l'imaginaire s'étend à l'infini, comme un cinquième corps fait d'éther (ou cinquième élément). A la fois images et objets, les installations de Noémie Goudal se jouent de ces spéculations. Brouillant à dessein nos repères, elles oscillent entre hallucination et fait, miroirs de nos vies modernes où s'exercent simultanément d'insaisissables et contradictoires régimes de vérité.
Noémie Goudal
Cinquième corps
12 fév.-08 mai 2016
Paris 18e. Le Bal
Noémie Goudal crée des sculptures photographiques ambiguës, fabriquées de toutes pièces. Elle installe ces édifices, souvent faits de papier, dans des paysages naturels, recréant ainsi de nouvelles perspectives. Ces éléments architecturaux (escaliers, dômes, tours…) ou cosmiques (ellipses…), sont placés dans des océans vierges ou des étendues désertes.
En s'attardant sur ces formes, le regard descelle aisément la trace d'artifices (plis, imperfections, cordes, câbles,…) caractéristiques d'objets en deux dimensions conçus pour l'unique finalité de la photographie.
Dans «In Search of the First Line», c'est la contradiction temporelle qui est à l'œuvre: l'architecture d'édifices anciens se mêlent aux enchevêtrements de béton des ruines industrielles.
Dans «Observatoires», des bâtiments, usines ou entrepôts, photographiés en Allemagne, en France et au Royaume-Uni, semblent flotter dans un espace indéterminé, non sans évoquer les architectures cosmiques indiennes érigées à Delhi ou Jaipur au XVIIIème siècle.
Dans «Southern Light Stations», Noémie Goudal explore l'espace céleste, longtemps considéré à la fois comme le miroir des dérèglements terrestres et la manifestation du sacré. De l'Antiquité au Moyen Age, on y observe un emboîtement de sphères tournoyantes, un soleil de cristal éclairé par une grande torche ou de fulgurantes apparitions de boules de feu. La Terre est souvent décrite comme reposant sur l'eau, et le ciel, comme une voûte posée au-dessus d'elle, la limitant de toute part.
L'œuvre de Noémie Goudal se nourrit du regard interrogateur de l'homme sur l'univers, espace de re-créaction où l'imaginaire s'étend à l'infini, comme un cinquième corps fait d'éther (ou cinquième élément). A la fois images et objets, les installations de Noémie Goudal se jouent de ces spéculations. Brouillant à dessein nos repères, elles oscillent entre hallucination et fait, miroirs de nos vies modernes où s'exercent simultanément d'insaisissables et contradictoires régimes de vérité.
Noémie Goudal
Cinquième corps
12 fév.-08 mai 2016
Paris 18e. Le Bal
mercredi 10 février 2016
Taysir Batniji, Bertrand Gaudillère - Rêver d'un autre monde
Rêver d'un autre monde. Représentations du migrant dans l'art contemporain
Le Centre d'Histoire, de la Résistance et de la Déportation présente une exposition collective livrant différentes écritures sur le thème du voyage et de l'exil des migrants extra-européens, à travers une sélection de propositions artistiques. Phénomène constant dans l'histoire de l'humanité, le fait migratoire est toujours lié au contexte économique ou géostratégique. Pour aborder ce sujet, le Chrd s'intéresse à la représentation qu'en donnent les artistes et photographes contemporains. Les champs qu'ils explorent, les parcours qu'ils soulignent livrent la chronique sensible, parfois métaphorique, de l'un des faits majeurs de ces trente dernières années. Le projet s'inscrit dans la continuité des expositions «Voyages pendulaires» (sur une famille de Roms roumains de Lyon) et «Tchétchènes hors sol», qui abordaient le thème du départ, subi ou volontaire.
Le rêve d'une vie meilleure, pour soi et pour ses proches, est une aspiration partagée par tous. Il accompagne le migrant poussé à l'exil et constitue parfois l'impulsion initiale et décisive qui provoque son départ. Ce rêve d'un autre monde est aussi un puissant moteur pour des artistes devenus les témoins privilégiés de situations individuelles ou collectives qui rendent compte de notre temps. Aborder la question des migrants, au sein d'un musée porteur des idéaux de la Résistance, consiste avant tout à parler de l'humanité et de l'humanité depuis ses origines, tant il est vrai que la migration est un sujet vieux comme le monde. Face à l'accélération récente du phénomène, aux drames humains engendrés et à l'incroyable déferlement d'images qui nous submerge, les artistes offrent une réponse à un besoin essentiel, auquel le politique ne pourvoit plus, celui du lien de l'homme à sa communauté, du rapport du singulier à l'universel.
Il y a dix ans, partant du postulat que l'art a sa place dans un musée d'histoire, tout autant que l'histoire dans un musée des beaux-arts, le Musée de l'histoire de l'immigration à Paris décide d'accueillir dans ses collections les travaux d'artistes, français ou étrangers, résidant et travaillant en France ou ailleurs. Tous placent au centre de leur démarche les problématiques de l'immigration, du territoire, des frontières et des racines. Le Chrd a choisi au sein de cette collection devenue référence les œuvres de sept artistes, que viennent compléter d'autres travaux retenus pour leurs qualités plastique et réflexive.
Informations pratiques
Mercredi-dimanche, 10h-18h
Centre d'Histoire, de la Résistance et de la Déportation
14, avenue Berthelot. 69007 Lyon
Renseignements: 04 72 73 99 00
www.chrd.lyon.fr
Taysir Batniji, Bertrand Gaudillère
Rêver d'un autre monde
04 fév.-29 mai 2016
Lyon 7e. Centre d´histoire de la résistance et de la déportation
Le Centre d'Histoire, de la Résistance et de la Déportation présente une exposition collective livrant différentes écritures sur le thème du voyage et de l'exil des migrants extra-européens, à travers une sélection de propositions artistiques. Phénomène constant dans l'histoire de l'humanité, le fait migratoire est toujours lié au contexte économique ou géostratégique. Pour aborder ce sujet, le Chrd s'intéresse à la représentation qu'en donnent les artistes et photographes contemporains. Les champs qu'ils explorent, les parcours qu'ils soulignent livrent la chronique sensible, parfois métaphorique, de l'un des faits majeurs de ces trente dernières années. Le projet s'inscrit dans la continuité des expositions «Voyages pendulaires» (sur une famille de Roms roumains de Lyon) et «Tchétchènes hors sol», qui abordaient le thème du départ, subi ou volontaire.
Le rêve d'une vie meilleure, pour soi et pour ses proches, est une aspiration partagée par tous. Il accompagne le migrant poussé à l'exil et constitue parfois l'impulsion initiale et décisive qui provoque son départ. Ce rêve d'un autre monde est aussi un puissant moteur pour des artistes devenus les témoins privilégiés de situations individuelles ou collectives qui rendent compte de notre temps. Aborder la question des migrants, au sein d'un musée porteur des idéaux de la Résistance, consiste avant tout à parler de l'humanité et de l'humanité depuis ses origines, tant il est vrai que la migration est un sujet vieux comme le monde. Face à l'accélération récente du phénomène, aux drames humains engendrés et à l'incroyable déferlement d'images qui nous submerge, les artistes offrent une réponse à un besoin essentiel, auquel le politique ne pourvoit plus, celui du lien de l'homme à sa communauté, du rapport du singulier à l'universel.
Il y a dix ans, partant du postulat que l'art a sa place dans un musée d'histoire, tout autant que l'histoire dans un musée des beaux-arts, le Musée de l'histoire de l'immigration à Paris décide d'accueillir dans ses collections les travaux d'artistes, français ou étrangers, résidant et travaillant en France ou ailleurs. Tous placent au centre de leur démarche les problématiques de l'immigration, du territoire, des frontières et des racines. Le Chrd a choisi au sein de cette collection devenue référence les œuvres de sept artistes, que viennent compléter d'autres travaux retenus pour leurs qualités plastique et réflexive.
Informations pratiques
Mercredi-dimanche, 10h-18h
Centre d'Histoire, de la Résistance et de la Déportation
14, avenue Berthelot. 69007 Lyon
Renseignements: 04 72 73 99 00
www.chrd.lyon.fr
Taysir Batniji, Bertrand Gaudillère
Rêver d'un autre monde
04 fév.-29 mai 2016
Lyon 7e. Centre d´histoire de la résistance et de la déportation
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