Cette exposition présente deux séries emblématiques des premiers travaux du photographe suisse René Groebli, né en 1927: «Magie der Schiene» et «Das Auge der Liebe».
Magie der Schiene (la magie du rail) est le premier livre de René Groebli, publié à compte d'auteur en 1949. René Groebli est alors âgé de 22 ans, il commence sa carrière de photographe, voyage régulièrement hors de Suisse et prend le prétexte d'un trajet à bord de l'express Paris-Bâle pour réaliser ce travail personnel.
Dans un style extrêmement audacieux, où l'on perçoit l'influence de la nouvelle objectivité et du Bauhaus et de l'école de Design de Zurich, René Groebli crée une série profondément personnelle. Traversant la banlieue parisienne et la campagne française de l'après-guerre, René Groebli passe de la cabine du conducteur à l'intimité d'un wagon, fixe l'entrée des tunnels ou le tracés des lignes électriques dans le mouvement, photographie le travail des cheminots et les locomotives lancées à toute vapeur.
Par le jeu du grain, du flou et du contraste, et une exploration méthodique de son sujet, René Groebli parvient à restituer la vitesse et le bruit du train, la dureté du métal et l'odeur du charbon, livrant une œuvre expérimentale et radicale autour d'un sujet unique.
De cette recherche esthétique formelle et rigoureuse naît un livre rare, sélection de 14 photographies accompagnée d'un poème d'Albert Ehrismann, un exercice de style exceptionnel pour l'époque qui fait immédiatement entrer son auteur dans la cour des grands. Edité en allemand et en anglais à 1000 exemplaires, encore récemment célébré par Martin Parr dans son Photobook et toujours recherché par les collectionneurs, Magie der Schiene a marqué l'histoire de la photographie.
Dans une approche radicalement différente, qui illustre la liberté de style que le photographe exercera tout au long de sa carrière, Das Auge der Liebe (L'Œil de l'amour) retrace le voyage de noces de René Groebli et de sa femme, Rita, au début des années 50. Le couple s'était marié en 1951, mais le manque d'argent et de temps avait retardé leur voyage de noces. Trois ans plus tard, ils partent enfin célébrer leur amour à Paris et séjournent à Montparnasse dans un hôtel modeste.
Le photographe prendra plus de 300 clichés, au Rolleiflex et au Leica. Le livre, publié en 1954, n'en retient que 25, sélection précise effectuée par René et Rita. Dans un noir et blanc doux et délicat, le photographe réinvente le nu et dévoile les jambes, les seins, le corps de son épouse mais aussi son visage, ses mains et le décor de l'histoire. Dans cette chambre d'hôtel modeste de la France de l'après-guerre : rideaux en dentelle à angelots, lits de fer et papiers peints à fleurs, où s'épanouissent pourtant leurs amours débutantes.
Cette vision sensuelle de l'amour conjugal sera qualifiée à l'époque de pornographie par le journal local zurichois. Pour nous, c'est un poème érotique et sensible: le photographe nous fait entrer dans la chambre à coucher et cette intimité offerte à l'objectif est le plus beau témoignage de son amour.
Cette exposition présente une sélection exceptionnelle de tirages vintage ainsi qu'une édition récente des photographies de ces deux séries, mises à l'honneur par la publication du livre René Groebli, Early Works par les éditions Sturm & Drang.
René Groebli
Early Works
15 sept.-23 oct. 2015
Paris 15e. Galerie Esther Woerdehoff
vendredi 11 septembre 2015
jeudi 10 septembre 2015
Korea now ! Design, craft, mode et graphisme en Corée
Le musée des arts décoratifs met à l'honneur le design et l'artisanat coréens dans le cadre de l'année France-Corée 2015-2016. Une centaine d'artistes et plus de quatre cents œuvres sont réunies afin de présenter tant l'héritage des techniques anciennes que le renouveau technologique. Les créateurs manient aussi bien la laque, le tissage et l'orfèvrerie que le plastique et la silicone.
La nef du musée est essentiellement dédiée au mobilier, au verre et à la porcelaine. La céramique fait aussi l'objet d'une attention particulière dans les salles longeant les Tuileries où la jeune génération s'inspire de la tradition dans un style plus spontané, libre et épuré. La fin de ce parcours initiatique se termine avec l'évocation d'une maison coréenne Hanok conçue autour du principe du vide, sans portes et avec très peu de meubles, afin de favoriser la mesure et l'harmonie.
L'exposition présente aussi un panorama de la mode coréenne contemporaine, avec plus de cent vingt silhouettes et accessoires. Le travail des stylistes se caractérise par une variété d'inspirations tirées des cultures urbaines et des mythologies contemporaines, allant de la référence aux années 1950 américaines aux citations des mouvements Punk, Hip Hop et bien sûr K Pop. Ce projet ambitionne également de révéler les rapports étroits que les stylistes entretiennent avec leur culture d'origine, une culture riche qui permet l'assimilation de toutes les formes de modernité.
Enfin, une vingtaine d'artistes présentent un travail graphique: affiches sérigraphiées, livres et magazines. Ce volet s'ouvre sur un espace dédié à Ahn Sang-Soo, reconnu comme le père de la discipline. Créateur influent auprès des artistes émergents, il est le premier à avoir fait de l'alphabet hangul son sujet principal. Inspiré par la poésie du mouvement Dada et par le poète moderniste Yi Sang, AHN Sang-soo s'est affranchi des règles normatives de la typographie, en jouant avec la géométrie et l'échelle des lettres, tout en brouillant parfois les codes de la linguistique. Le Hangul, initialement créé comme alternative au chinois au XVe siècle, alors dominant et réservé aux personnes lettrées, est aujourd'hui devenu une référence culturelle et identitaire primordiale.
Cette exposition nous informe sur l'évolution de la tradition coréenne en matière de design et sur l'émergence d'une nouvelle génération innovante durant les trois dernières décennies qui parvient à influencer la scène artistique internationale.
Informations
Musée des arts décoratifs (Paris 1er)
Du 19 septembre au 03 janvier 2015
Hee-Ju Kim, Hyong-Jun Kim
Korea now. Design, graphisme.
19 sept.-03 janv. 2016
Paris 1er. Les Arts décoratifs
La nef du musée est essentiellement dédiée au mobilier, au verre et à la porcelaine. La céramique fait aussi l'objet d'une attention particulière dans les salles longeant les Tuileries où la jeune génération s'inspire de la tradition dans un style plus spontané, libre et épuré. La fin de ce parcours initiatique se termine avec l'évocation d'une maison coréenne Hanok conçue autour du principe du vide, sans portes et avec très peu de meubles, afin de favoriser la mesure et l'harmonie.
L'exposition présente aussi un panorama de la mode coréenne contemporaine, avec plus de cent vingt silhouettes et accessoires. Le travail des stylistes se caractérise par une variété d'inspirations tirées des cultures urbaines et des mythologies contemporaines, allant de la référence aux années 1950 américaines aux citations des mouvements Punk, Hip Hop et bien sûr K Pop. Ce projet ambitionne également de révéler les rapports étroits que les stylistes entretiennent avec leur culture d'origine, une culture riche qui permet l'assimilation de toutes les formes de modernité.
Enfin, une vingtaine d'artistes présentent un travail graphique: affiches sérigraphiées, livres et magazines. Ce volet s'ouvre sur un espace dédié à Ahn Sang-Soo, reconnu comme le père de la discipline. Créateur influent auprès des artistes émergents, il est le premier à avoir fait de l'alphabet hangul son sujet principal. Inspiré par la poésie du mouvement Dada et par le poète moderniste Yi Sang, AHN Sang-soo s'est affranchi des règles normatives de la typographie, en jouant avec la géométrie et l'échelle des lettres, tout en brouillant parfois les codes de la linguistique. Le Hangul, initialement créé comme alternative au chinois au XVe siècle, alors dominant et réservé aux personnes lettrées, est aujourd'hui devenu une référence culturelle et identitaire primordiale.
Cette exposition nous informe sur l'évolution de la tradition coréenne en matière de design et sur l'émergence d'une nouvelle génération innovante durant les trois dernières décennies qui parvient à influencer la scène artistique internationale.
Informations
Musée des arts décoratifs (Paris 1er)
Du 19 septembre au 03 janvier 2015
Hee-Ju Kim, Hyong-Jun Kim
Korea now. Design, graphisme.
19 sept.-03 janv. 2016
Paris 1er. Les Arts décoratifs
mercredi 9 septembre 2015
Alex, une exposition de Pauline Bastard
Poursuivant sa trajectoire auprès des artistes émergents, le Collège des Bernardins et le commissaire Gaël Charbau s’associent aux Audi talents awards pour proposer à l’artiste Pauline Bastard de s’emparer de l’ancienne sacristie. Elle y présentera la première exposition de son projet Alex.
« Alex Todo, 114 rue Villiers de l’Isle-Adam, 75020 Paris ».
Voici une manière possible, parmi tant d’autres, d’exister dans la société ; une preuve de sa présence sur terre. C’est aussi l’une des nombreuses « traces de réalité » qu’a donné Pauline Bastard à Alex, personnage qu’elle a inventé et qu’elle tente d’introduire dans la société. En s’interrogeant sur ce qui constitue l’être, Pauline Bastard entremêle de façon poétique et facétieuse le réel et l’imaginaire, utilise l’invraisemblance qu’elle peut ressentir face à la réalité pour construire des fictions. Son travail s’articule souvent autour d’objets du quotidien récupérés, dont elle révèle le formidable potentiel onirique et les histoires virtuelles qu’ils recèlent.
Pour Alex, comme pour sa précédente pièce Les Etats de la Matière – qui présentait le démantèlement d’une maison dont tous les matériaux étaient dispersés dans la nature environnante – l’artiste documente le processus d’une situation initiale qu’elle invente. Le postulat de départ de ce nouveau projet s’inscrit dans la lignée de ses travaux : vivre une expérience sans trop savoir où cela pourra la mener… et laisser agir l’imprévu. Une autre composante de son travail est d’avoir intégré des personnes dans son dispositif de création, une manière de donner corps à ses idées. Ainsi, pour cette exposition, elle a réuni un groupe de professionnels (une anthropologue, une costumière, une philosophe, un avocat, une scénariste et une psychanalyste) pour penser les actions d’Alex, dont l’identité culturelle, sociale ou administrative se révèle au fil des situations qu’il rencontre.
L’histoire-exposition imaginée par Pauline Bastard montre, à travers une installation composée de vidéos et d’objets, le cheminement du projet, depuis les images du casting d’Alex jusqu’à son organisation à travers les réunions du groupe d’experts. Des scènes de vie sont aussi présentées, le tout formant des couches saturées d’éléments se parasitant les uns les autres, comme les souvenirs. Avec ce dispositif, l’artiste crée un jeu de complicité avec le spectateur, en jouant avec son imagination, son attente et son désir. Elle décortique ce qui constitue une identité, les relations sociales, le « vivre ensemble »… autant de thèmes qui font écho aux réflexions humanistes du Collège des Bernardins.
Alex représente son projet le plus ambitieux et le plus singulier : « Il est la question que je me pose depuis toujours. Comment se construit-on, avec et malgré cette part d’immaitrisable, d’incontrôlable que comporte la vie. A travers cette installation, je partage cette question avec tout le monde. Ce qui est en reste, c’est l’ouverture d’une zone de réflexion ».
L’exposition au Collège des Bernardins sera la première manifestation de cette expérience inédite. Un préquel d’Alex sera présenté parallèlement à la Galerie Eva Hober du 10 octobre au 14 novembre 2015.
« Alex Todo, 114 rue Villiers de l’Isle-Adam, 75020 Paris ».
Voici une manière possible, parmi tant d’autres, d’exister dans la société ; une preuve de sa présence sur terre. C’est aussi l’une des nombreuses « traces de réalité » qu’a donné Pauline Bastard à Alex, personnage qu’elle a inventé et qu’elle tente d’introduire dans la société. En s’interrogeant sur ce qui constitue l’être, Pauline Bastard entremêle de façon poétique et facétieuse le réel et l’imaginaire, utilise l’invraisemblance qu’elle peut ressentir face à la réalité pour construire des fictions. Son travail s’articule souvent autour d’objets du quotidien récupérés, dont elle révèle le formidable potentiel onirique et les histoires virtuelles qu’ils recèlent.
Pour Alex, comme pour sa précédente pièce Les Etats de la Matière – qui présentait le démantèlement d’une maison dont tous les matériaux étaient dispersés dans la nature environnante – l’artiste documente le processus d’une situation initiale qu’elle invente. Le postulat de départ de ce nouveau projet s’inscrit dans la lignée de ses travaux : vivre une expérience sans trop savoir où cela pourra la mener… et laisser agir l’imprévu. Une autre composante de son travail est d’avoir intégré des personnes dans son dispositif de création, une manière de donner corps à ses idées. Ainsi, pour cette exposition, elle a réuni un groupe de professionnels (une anthropologue, une costumière, une philosophe, un avocat, une scénariste et une psychanalyste) pour penser les actions d’Alex, dont l’identité culturelle, sociale ou administrative se révèle au fil des situations qu’il rencontre.
L’histoire-exposition imaginée par Pauline Bastard montre, à travers une installation composée de vidéos et d’objets, le cheminement du projet, depuis les images du casting d’Alex jusqu’à son organisation à travers les réunions du groupe d’experts. Des scènes de vie sont aussi présentées, le tout formant des couches saturées d’éléments se parasitant les uns les autres, comme les souvenirs. Avec ce dispositif, l’artiste crée un jeu de complicité avec le spectateur, en jouant avec son imagination, son attente et son désir. Elle décortique ce qui constitue une identité, les relations sociales, le « vivre ensemble »… autant de thèmes qui font écho aux réflexions humanistes du Collège des Bernardins.
Alex représente son projet le plus ambitieux et le plus singulier : « Il est la question que je me pose depuis toujours. Comment se construit-on, avec et malgré cette part d’immaitrisable, d’incontrôlable que comporte la vie. A travers cette installation, je partage cette question avec tout le monde. Ce qui est en reste, c’est l’ouverture d’une zone de réflexion ».
L’exposition au Collège des Bernardins sera la première manifestation de cette expérience inédite. Un préquel d’Alex sera présenté parallèlement à la Galerie Eva Hober du 10 octobre au 14 novembre 2015.
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