L'œuvre de Céleste Boursier-Mougenot se présente comme une piscine bleutée, à la surface de laquelle des bols de porcelaine blanche évoluent et tintinnabulent, créant ainsi un paysage visuel et auditif, à la fois apaisant et immersif.
La simplicité apparente de l'installation est inversement proportionnelle à la fascination qu'elle exerce sur le visiteur. Les récipients, qui se percutent dans un bassin circulaire sous l'effet d'un léger courant, produisent une mélodie similaire à celle générée par des bols tibétains. La persistance rétinienne et auditive engendrée par le dispositif invite ainsi le spectateur-auditeur à s'abstraire de son environnement pour se concentrer exclusivement sur l'écoute.
Rien ou presque n'est laissé au hasard dans le processus de composition très élaboré de ces piscines, pourtant nées dans l'appartement même de l'artiste. Car c'est en compositeur que Céleste Boursier-Mougenot configure les différents paramètres qui permettent la transformation de ces objets ready-made en un instrument sophistiqué capable de générer ses propres sonorités sans qu'aucun interprète n'intervienne. L'œuvre est d'emblée envisagée comme la transposition d'une partition en un dispositif visible qui génère une forme sonore.
Plasticien et musicien de formation né en 1961 à Nice, Céleste Boursier-Mougenot redéfinit les modalités d'émission de l'œuvre sonore et de sa réception. Sa démarche s'inscrit en cela dans l'esthétique du détournement, héritée de Dada et de Fluxus. Il est également inspiré par l'attitude «Do it Yourself» qui traverse toute la scène musicale new-yorkaise, du punk à la musique expérimentale. À partir de situations ou d'objets les plus divers, dont il parvient à extraire un potentiel musical, il génère des formes sonores qu'il qualifie de vivantes. Étroitement lié à l'architecture ou à l'environnement du lieu d'exposition où elle est présentée, chaque installation constitue le cadre propice à une expérience d'écoute exceptionnelle.
Céleste Boursier-Mougenot est aujourd'hui une figure majeure dans le paysage de l'art contemporain international et expose ses œuvres dans le monde entier. Cette installation, originellement Sans titre, a été exposée dans de nombreuses galeries et institutions culturelles en France et à l'international, depuis sa première apparition en 1997 à la galerie du Capc Musée de Bordeaux et son acquisition par le Frac Lorraine en 1999, jusqu'à ses récentes déclinaisons sous des dénominations diverses: variations à la Pinacothèque de São Paulo, clinamen à la National Gallery of Victoria et présences à la galerie Mazzoli de Berlin en 2013.
Au Centre Pompidou-Metz, clinamen s'inscrira comme une étape dans le sentier des Cabanes sonores inauguré le 20 juin 2015 dans le cadre du «Festival Cabanes», organisé par le Conseil général de Moselle du 16 mai au 20 septembre 2015.
À partir du 8 mai 2015, Céleste Boursier-Mougenot représentera la France à la 56e Biennale de Venise avec le projet rêvolutions, sous le commissariat d'Emma Lavigne, directrice du Centre Pompidou-Metz. Sélectionné sur près de quarante propositions, il transforme le pavillon français en un paysage onirique et sonore au sein duquel les visiteurs peuvent s'immerger.
Du 24 juin au 13 septembre 2015, il sera également présenté au Palais de Tokyo à travers l'exposition «acquaalta».
Céleste Boursier-Mougenot
Clinamen
03 juin-28 sept. 2015
Metz. Centre Pompidou-Metz
lundi 1 juin 2015
Rollin Leonard - New Portraiture
Le travail de Rollin Leonard explore de manière systématique le prolongement digital de la vie humaine. L'artiste soumet ses sujets photographiés à toute sorte de tortures algorithmiques, notamment en disjoignant les membres ou en les reproduisant à l'infini jusqu'à créer des compositions humanoïdo-abstraites.
Pour «New Portraiture», Rollin Leonard met de côté une forme d'angularité qu'on lui connaît pour travailler sur des formes plus organiques. Il opère un passage d'une mécanique des solides à une mécanique des fluides. Chaque pièce est un exercice d'imagerie liquide permise par un procédé photographique élaboré.
Rollin Leonard explique sa démarche :
«New Portraiture» est constitué d'un ensemble de photos, d'objets semi-sculpturaux qui sont ré-arrangeables, flexibles. Les sujets traités sont des humains, aplatis par une lumière uniforme et une profondeur de champ où tout est mis au point. Le processus qui consiste à extraire les surfaces pour les transformer en des objets circulaires est variable: l'eau permet de réfracter et de distordre la lumière, les matrices polygonales des surfaces photographiques sont froissées pour former les visages, et une énorme figure en plastique apparaît faussée par le jeu de perspective.
L'esthétique de ces objets relève de la manipulation numérique. Les termes «liquéfier», «grossir» et «froisser» utilisés sur Photoshop pour désigner des fonctions de manipulation des images, ne sont in fine que des analogies. Je souhaitais explorer les analogies physiques de ce type de fonctions numériques. Dans les tournages, on opère une distinction entre les effets physiques appelés effets pratiques et ceux réalisés en post-production, appelés effets visuels. Les effets que je propose sont des effets pratiques qui visent à mettre en avant la magie générée par les ordinateurs.»
Rollin Leonard a pensé cette récente série de travaux pour trois espaces : Xpo Gallery, Transfer Gallery et Cloaque.org. «New Portraiture» est également la première collaboration entre Transfer et Xpo Gallery, et la première exposition personnelle de l'artiste en Europe.
Rollin Leonard
New Portraiture
28 mai-22 juin 2015
Paris 3e. Xpo Gallery
Pour «New Portraiture», Rollin Leonard met de côté une forme d'angularité qu'on lui connaît pour travailler sur des formes plus organiques. Il opère un passage d'une mécanique des solides à une mécanique des fluides. Chaque pièce est un exercice d'imagerie liquide permise par un procédé photographique élaboré.
Rollin Leonard explique sa démarche :
«New Portraiture» est constitué d'un ensemble de photos, d'objets semi-sculpturaux qui sont ré-arrangeables, flexibles. Les sujets traités sont des humains, aplatis par une lumière uniforme et une profondeur de champ où tout est mis au point. Le processus qui consiste à extraire les surfaces pour les transformer en des objets circulaires est variable: l'eau permet de réfracter et de distordre la lumière, les matrices polygonales des surfaces photographiques sont froissées pour former les visages, et une énorme figure en plastique apparaît faussée par le jeu de perspective.
L'esthétique de ces objets relève de la manipulation numérique. Les termes «liquéfier», «grossir» et «froisser» utilisés sur Photoshop pour désigner des fonctions de manipulation des images, ne sont in fine que des analogies. Je souhaitais explorer les analogies physiques de ce type de fonctions numériques. Dans les tournages, on opère une distinction entre les effets physiques appelés effets pratiques et ceux réalisés en post-production, appelés effets visuels. Les effets que je propose sont des effets pratiques qui visent à mettre en avant la magie générée par les ordinateurs.»
Rollin Leonard a pensé cette récente série de travaux pour trois espaces : Xpo Gallery, Transfer Gallery et Cloaque.org. «New Portraiture» est également la première collaboration entre Transfer et Xpo Gallery, et la première exposition personnelle de l'artiste en Europe.
Rollin Leonard
New Portraiture
28 mai-22 juin 2015
Paris 3e. Xpo Gallery
Antoni Muntadas
Antoni Muntadas est l'un des premiers praticiens de l'art multimédia. Depuis le début de sa carrière, il utilise la performance, la vidéo, les installations, la photographie, le multimédia, le livre, Internet et l'art dans l'espace public pour répondre aux principaux enjeux politiques et sociaux de notre temps. Ses œuvres, incisives, abordent des notions telles que la relation entre public et privé, les flux d'information liés au paysage médiatique, la dynamique de l'architecture officielle et autres enjeux sociaux. À travers elles, Antoni Muntadas met en avant les systèmes visibles et invisibles du pouvoir dans une société dominée par les mass media, l'hyperconsommation et les technologies de pointe.
Depuis ses premières œuvres dans les années 1970, jusqu'à sa série en cours On Translation, qui pose de front la question de l'interprétation culturelle, en passant par son manifeste de 1981 dans lequel il demande au public de se poser la question «Qu'est-ce qu'on regarde?», Antoni Muntadas a créé un vaste corpus d'œuvres d'envergure très diverse.
Sa dernière grande exposition institutionnelle en France, a eu lieu à Paris au Jeu de Paume fin 2012 début 2013, Intitulée «Entre/Between», elle retraçait l'ensemble de la carrière de l'artiste et mettait l'accent sur les idées qui sous-tendent ses quarante ans de pratique artistique.
Sa dernière exposition parisienne intitulée «...et avec cela?», qui a eu lieu dans la galerie Michèle Didier, rue Notre-Dame de Nazareth, à Paris, du 7 novembre au 13 décembre 2014, a inspiré l'exposition à la galerie Espace pour l'art, qui sera visible à Arles, au mois de Juin 2015.
Il y présentera notamment, Cimetière (2014) issu du projet On Translation, une série de douze photographies de différents cimetières dans le monde. Certains sont facilement reconnaissables, pour d'autres, le visiteur tentera de déterminer où ils se situent. Cet ensemble souligne la sacralité de chaque lieu tout autant qu'il met en exergue leurs particularismes régionaux en la matière. Incidemment mais non sans intention, Antoni Muntadas nous incite à penser que les morts quelle qu'ait été la visibilité dont il jouissait dans la société de leur temps, ne sont guère mieux lotis que leurs proches voisins de cimetière.
Sera également exposée Ordeal of Picasso's heirs (Le supplice des héritiers de Picasso, 2012), une photographie publiée par The New York Times Magazine datée du 20 avril 1980. Avec cette œuvre entièrement basée sur la reproduction, Antoni Muntadas s'intéresse au droit à l'image mêlé à celui de l'auteur qui commercialise la photographie.
Pour compliquer plus encore le statut de cet objet, Antoni Muntadas a choisi de la diffuser non pas sous la forme d'un tirage mais sous celle d'un fichier numérique enregistré sur DVD. La reproduction de l'œuvre devient alors incontrôlable car elle peut être reproduite à l'infini, et cela jusqu'à des dimensions imposantes, celles d'un «wall paper» de 2,80 mètres de largeur.
Antoni Muntadas
05 juin-27 juin 2015
Vernissage le 04 juin 2015
Arles. Asphodèle. Espace pour l’art
Depuis ses premières œuvres dans les années 1970, jusqu'à sa série en cours On Translation, qui pose de front la question de l'interprétation culturelle, en passant par son manifeste de 1981 dans lequel il demande au public de se poser la question «Qu'est-ce qu'on regarde?», Antoni Muntadas a créé un vaste corpus d'œuvres d'envergure très diverse.
Sa dernière grande exposition institutionnelle en France, a eu lieu à Paris au Jeu de Paume fin 2012 début 2013, Intitulée «Entre/Between», elle retraçait l'ensemble de la carrière de l'artiste et mettait l'accent sur les idées qui sous-tendent ses quarante ans de pratique artistique.
Sa dernière exposition parisienne intitulée «...et avec cela?», qui a eu lieu dans la galerie Michèle Didier, rue Notre-Dame de Nazareth, à Paris, du 7 novembre au 13 décembre 2014, a inspiré l'exposition à la galerie Espace pour l'art, qui sera visible à Arles, au mois de Juin 2015.
Il y présentera notamment, Cimetière (2014) issu du projet On Translation, une série de douze photographies de différents cimetières dans le monde. Certains sont facilement reconnaissables, pour d'autres, le visiteur tentera de déterminer où ils se situent. Cet ensemble souligne la sacralité de chaque lieu tout autant qu'il met en exergue leurs particularismes régionaux en la matière. Incidemment mais non sans intention, Antoni Muntadas nous incite à penser que les morts quelle qu'ait été la visibilité dont il jouissait dans la société de leur temps, ne sont guère mieux lotis que leurs proches voisins de cimetière.
Sera également exposée Ordeal of Picasso's heirs (Le supplice des héritiers de Picasso, 2012), une photographie publiée par The New York Times Magazine datée du 20 avril 1980. Avec cette œuvre entièrement basée sur la reproduction, Antoni Muntadas s'intéresse au droit à l'image mêlé à celui de l'auteur qui commercialise la photographie.
Pour compliquer plus encore le statut de cet objet, Antoni Muntadas a choisi de la diffuser non pas sous la forme d'un tirage mais sous celle d'un fichier numérique enregistré sur DVD. La reproduction de l'œuvre devient alors incontrôlable car elle peut être reproduite à l'infini, et cela jusqu'à des dimensions imposantes, celles d'un «wall paper» de 2,80 mètres de largeur.
Antoni Muntadas
05 juin-27 juin 2015
Vernissage le 04 juin 2015
Arles. Asphodèle. Espace pour l’art
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